Incapable de préciser combien d’argent a été englouti jusqu’à présent dans le projet de troisième lien, le ministre des Transports, Benoit Charette, reconnaît que le corridor central proposé par ses prédécesseurs ne soulevait « aucun enthousiasme » ni adhésion, de part et d’autre du fleuve.
Questionné à ce sujet par la presse parlementaire, mercredi, le nouveau titulaire du portefeuille des Transports a avoué qu’il était pour le gouvernement « difficile d’aller de l’avant avec le corridor central » porté précédemment par ses collègues Geneviève Guilbault et Jonatan Julien.
« Au gré des consultations, on s’est rendu compte très rapidement que c’est un projet qui n’avait aucune adhésion, autant sur la Rive-Nord que sur la Rive-Sud. Il n’y avait aucun enthousiasme », a déclaré M. Charette.
Estimée à « 10 milliards de dollars ou plus », cette mouture du projet de lien interrives était trop « décriée » pour aller de l’avant.
En revanche, « le corridor à l’est est nettement plus consensuel et, pour compléter la fameuse boucle qui est tant recherchée, ça va être le meilleur [projet]», a fait valoir le ministre.
Relancé à plusieurs reprises sur les sommes injectées jusqu’à présent dans le projet, « on parle de plusieurs dizaines de millions au fil des années qui ont été investis », a laissé planer M. Charette, sans parvenir à fournir un chiffre plus précis.
Il refuse toutefois d’y voir un quelconque gaspillage, puisque les données récoltées lors des différents travaux menés jusqu’à présent seront conservées.
L’appel d’intérêt lancé « dans quelques semaines »
Annoncé mardi soir par voie de communiqué, l’appel d’intérêt international pour un troisième lien Québec–Lévis dans l’est sera publié « dans quelques semaines », a précisé le ministre.
« C’est une étape qui nous permet de faire de meilleurs choix », a fait valoir M. Charette.
En invitant le secteur privé à être partenaire du projet, « on se donne de meilleures chances de succès cette fois-ci », notamment pour contrôler les coûts, a avancé le ministre des Transports.
« Ce sont des experts internationaux qui vont pouvoir aussi nous guider sur le meilleur mode de réalisation, sur le financement de l’infrastructure aussi », a expliqué M. Charette.
Au salon Rouge, le député solidaire Etienne Grandmont a rappelé que le projet de troisième lien ne repose sur aucune étude ni besoin démontré.
Alors que la mouture dans le corridor central permettrait de croire à une économie de temps de deux minutes, celle dans l’est se traduira pour bon nombre d’automobilistes par un « détour de 20 minutes », selon M. Grandmont.
Il s’agira de « l’asphalte le plus cher de l’histoire du Québec », a dénoncé le député de Taschereau.
Quant au mode de réalisation du projet, « les Québécois vont assumer les risques », alors que les profits reviendront « au privé », a-t-il déploré.
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