Un homme dépressif qui a étranglé et poignardé mortellement au cœur sa fille pour une chicane d’argent devrait écoper de 14 ans de détention pour avoir avoué ses torts plutôt que de subir son procès pour meurtre devant jury.
« Je pense que je l’ai tuée, je me souviens de rien », a lancé Alain Caza lors de son appel au 911 le 15 mai 2024.
Le procès de l’homme de 62 ans pour le meurtre au deuxième degré de sa fille Amanda devait s’ouvrir lundi au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield avec la sélection du jury.
Mais le résident de Ormstown, en Montérégie, a plutôt décidé de plaider coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire.
Il s’était rendu dans le logement de sa fille le matin fatidique et y était demeuré pendant une vingtaine de minutes. Amanda Caza a été étranglée avant d’être poignardée à neuf reprises, selon l’autopsie. Cinq des coups reçus au cœur ont été mortels.
Les policiers ont retrouvé la victime de 34 ans inconsciente sur le sofa. Un couteau de cuisine se trouvait à ses côtés.
Arrestation
Alain Caza a été arrêté sur les lieux. Il semblait « sous le choc » et avait une plaie superficielle à l’abdomen.
Il a affirmé dans l’ambulance qu’il avait eu « une chicane avec sa fille à propos d’argent, que sa fille voulait des sous et que 2000 $ c’était pas assez ».
Amanda Caza, mère d’une petite fille, avait demandé de l’argent à son père à plusieurs reprises depuis juillet 2023, selon des échanges de textos. L’accusé lui avait donné plus de 2500 $ et avait payé le solde de son prêt auto.
Amnésie dissociative
Alain Caza souffrait d’une dépression majeure et d’anxiété lors du crime, ont conclu deux experts.
Le psychiatre Evan Brahm, mandaté par la défense, a affirmé que l’accusé souffrait à ce moment d’amnésie dissociative.
La Couronne a admis que les témoignages de ce médecin et de l’accusé auraient pu créer un doute raisonnable dans l’esprit des membres du jury, qui auraient ainsi pu en arriver à un verdict d’homicide involontaire.
« Les sévices infligés par sa fille au fil des années, son état mental au moment des faits et la manipulation du couteau par sa fille le 15 mai ont tous eu un impact direct sur la capacité d’Alain Caza à former une intention criminelle en vue d’un meurtre », mentionne-t-on dans le résumé conjoint des faits, sans donner plus de détails sur ces éléments.
Des voisins interrogés par Le Journal au lendemain du meurtre avaient souligné qu’Alain et Amanda Caza étaient « toujours en chicane » et que leur relation était une bombe à retardement.
Les avocats de la poursuite et de la défense présenteront une sentence de 14 ans de détention lors d’une prochaine audience dans quelques jours au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.
.png)
19 hours ago
3
















Bengali (BD) ·
English (US) ·