Pour qui les étudiants pensent-ils voter le 5 octobre prochain ? S’ils sont plusieurs à hésiter, une chose est certaine : bien que les réseaux sociaux soient leur principale source d’information durant cette campagne électorale, ils n’auront pas le dernier mot sur leur choix final.
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Jeudi dernier, le local du pavillon Hubert-Aquin de l’UQAM est devenu, pendant une heure, une fenêtre sur le regard que portent les plus jeunes générations sur la politique québécoise.
Pour qui les étudiants consultés par 24 heures dans le cadre d’un panel électoral comptent-ils voter ?
À l’instar du quart des Québécois, plusieurs étudiants sont toujours indécis quant au parti qui aura leur vote.
« Il y a quelques partis avec lesquels je suis d’accord, il va falloir que je fasse le pour et le contre de ce qui m’intéresse le plus », indique Philippe Chamberland, l’un des étudiants rencontrés dans le cadre du panel électoral.
Lui-même souverainiste, il hésite entre le Parti Québécois (PQ) et Québec solidaire (QS), et adhère à quelques idées du Parti libéral du Québec, même s’il n’a pas l’intention de leur donner son vote.
Plusieurs des étudiants ont partagé les mêmes incertitudes.
« Je suis mitigée entre le PQ ou QS. Une chose est certaine, je ne voterai pas pour la Coalition avenir Québec (CAQ)», lance une étudiante.
Selon elle, le « déclin » des services de santé et de la protection de la langue française, de même que la hausse du coût de la vie figurent parmi les raisons pour lesquelles bon nombre de Québécois, comme elle, désirent du changement après « toutes ces années avec la CAQ ».
Les intentions de votes des 18-34 ans reflètent les réponses des étudiants : QS et le PQ sont nez à nez avec 27 % et 26 % des appuis, selon un sondage Segma Recherche. En troisième position, le Parti conservateur du Québec (PCQ) obtient 23 % des intentions de vote.
Pas tous indécis
À l’inverse, certains sont déjà convaincus du parti qui obtiendra leur vote.
« QS se démarque un peu, je trouve. C’est eux qui m’inspirent le plus confiance et qui proposent le plus de changements », pense Jeanne Brien-Korell.
« Ils parlent plus aux jeunes et aux gens qui en arrachent. Ils ont vraiment axé leur campagne sur le coût de la vie et je trouve que c’est une bonne chose. Je vois que Ruba Ghazal s’est inspirée de ce que le maire de New York [Zohran Mamdani] fait. Je trouve ça inspirant ce qu’il a fait pour baisser les coûts de l’épicerie. Il ne parle pas d’immigration en mal non plus », ajoute l’étudiante.
Jeanne Brien-Korell déplore que plusieurs propositions du parti ne soient pas prises au sérieux par plusieurs médias. « Quand ils ont proposé de taxer les ultrariches, tous les articles que j’ai vus là-dessus, c’était un point d’interrogation, si c’est possible de faire ça. Ils ne la présentent pas comme une vraie proposition valable. Je trouve ça plate. »
« Moi, j’aimerais voter PQ. C’est vraiment dans mes valeurs et j’ai été élevée full souverainiste », affirme une autre étudiante.
Méfiance envers les médias sociaux
Contrairement à la majorité de ses collègues de classe, cette étudiante péquiste n’utilise pas les médias sociaux pour s’informer des engagements des partis politiques.
« C’est tellement overwhelming(engloutissant) les réseaux sociaux, je n’irais pas mettre le côté politique là-dedans. Quand je suis sur mon cell, [...] je ne veux pas écouter de l’information full importante alors que j’ai du brain rot (contenu écervelant) chaque cinq secondes », poursuit-elle.
« Avec l’intelligence artificielle et le nombre de créateurs sur les réseaux sociaux, c’est tellement facile d’être influencé. Je ne sais plus ce qui est vrai ou faux. Est-ce que c’est une affaire de clics ou c’est vraiment une affaire d’opinion valide et censée ? »
L’étudiante, qui ne se dit « pas à l’aise » avec les médias traditionnels puisqu’ils ne sont « pas de [sa] génération », puise les informations au sujet des partis politiques auprès de ses proches.
« J’aime mieux m’en tenir aux personnes que je connais et qui ont les mêmes valeurs que moi, que m’influencer par plein de gens que je ne connais pas finalement », affirme-t-elle.
Pour Philippe Chamberland, les réseaux sociaux peuvent servir de point de départ pour effectuer des recherches plus approfondies sur des sujets qui l’ont interpellés.
« Des fois, je n’ai pas le temps d’écouter les débats complets, mais ce matin, j’étais dans le métro et j’ai pu voir quelques clips », explique-t-il.
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