Une boutique de vêtements traditionnels indiens de Châteauguay est devenue virale sur les réseaux sociaux, lui permettant de doubler son chiffre d’affaires, mais aussi de rendre la culture indienne plus accessible.
La Bismillah boutique, en affaires depuis deux ans à Châteauguay, cumulent plus de deux millions de visionnements sur ses réseaux sociaux.
C’est la visite d’un groupe de jeunes souhaitant essayer des vêtements traditionnels indiens, pour ensuite se filmer et publier le tout sur les réseaux sociaux, qui est à l’origine de cet engouement.
« Ils voulaient essayer les vêtements, prendre des vidéos », lance la propriétaire qui a publié le résultat sur ses pages TikTok et Instagram.
Rapidement, la vidéo est devenue virale.
« À une époque où les entreprises essayent de plus en plus de créer du contenu, c’est authentique, c’est ce qu’on aime de ses vidéos », lance l’humoriste et créatrice de contenu Marielle Guérard, fascinée par le phénomène.
Plusieurs commentaires affirment que l’âge des participants y est aussi pour quelque chose.
Un phénomène de culture web
Au fil des semaines, plusieurs internautes ont rendu visite au magasin afin d’essayer à leur tour des habits traditionnels indiens, avant de publier le contenu sur les réseaux sociaux.
« Les gens rentrent et veulent filmer, ils me disent : on sait déjà quoi dire », raconte la propriétaire, Yasmina Kter, qui se réjouit de l’engouement.
L’accumulation de nouveaux visages sur les réseaux sociaux de l’entreprise est aussi intrigante pour l’humoriste.
« C’est comme s’il y avait toujours de nouveaux personnages dans cet univers, parce que oui, Bismillah Boutique, c’est devenu un univers », lance Marielle.
« Chaque jour, il y a des personnes qui viennent », renchérit la propriétaire.
Les créateurs de contenu Félix Gravelle et Marielle Guérard, dont les sketchs humoristiques sont populaires sur les réseaux sociaux, sont allés visiter la boutique.
« On était dans le coin de Châteauguay et on voulait voir, on n’avait pas planifié prendre une vidéo, mais finalement la madame nous l’a proposé, c’était une belle rencontre », affirme Félix Gravelle.
Un rapprochement culturel
Si certains commentaires racistes se retrouvent sous les vidéos, la plupart des internautes voient d’un bon œil cette collaboration entre deux cultures.
« C’est une façon de découvrir une autre culture. Aller essayer, d’apprécier ça aussi, de découvrir quelque chose que nous, on ne connaissait pas », lance Marielle Guérard.
Un internaute qui se qualifie de militant de gauche voit ces vidéos « humoristiques » comme une façon de « rapprocher la jeunesse québécoise blanche et la culture immigrante » .
« C’est le clash qui fait réagir, qui fait sourire », explique-t-il.
Selon la doctorante en science de la religion Émeraude Lapointe-Provost, qui a également vécu neuf ans à Delhi, en Inde, ce genre de contenu peut aider à rendre la culture indienne plus « accessible ».
« Ma première réaction a été négative parce que je pensais qu’ils se moquaient, mais quand j’ai écouté la vidéo, j’ai réalisé qu’ils ne se moquaient pas de l’accent indien... il n’y avait pas de référence à l’hindouisme ou à l’islam », souligne-t-elle.
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1 week ago
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