«Un vrai désastre environnemental»: l’école secondaire de Kahnawake entourée de pollution

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La direction de la Kahnawake Survival School a choisi d’utiliser la suspension subite de sa production de sirop d’érable pour sensibiliser ses étudiants à la pollution environnementale qui les entoure.

Dans la forêt à côté de l’école secondaire de Kahnawake, plus aucun érable ne porte de chaudière, même si la saison bat son plein.

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Tous les équipements ont été remisés dans la cabane à sucre après l’annonce, fin mars, que certains échantillons d’eau d’érable contenaient du plomb.

En avril, les équipements acéricoles de la Kahnawake Survival School tournent normalement à plein régime.

En avril, les équipements acéricoles de la Kahnawake Survival School tournent normalement à plein régime. Photo Martin Chevalier

« C’est une grande perte, mais on veut utiliser la situation pour éduquer nos élèves sur le militantisme et le racisme écologique », affirme Sha’teiohserí :io Patton, directrice de la Kahnawake Survival School (KSS).

Bordée par trois routes achalandées, un parc industriel et la voie maritime, la communauté mohawk de Kahnawake compte aussi deux carrières et plusieurs dépotoirs qui contribuent à la pollution ambiante.

« C’est un vrai désastre environnemental, soupire la directrice. On veut que les élèves en soient conscients et qu’ils puissent participer à la prise de décision qui les concerne. »

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Pas de sirop ni de bonbons

Normalement, les 250 étudiants de la KSS auraient pris part à plusieurs activités d’apprentissage par projet dans l’érablière ce printemps.

Ils auraient produit des bonbons à l’érable et une quarantaine de litres de sirop distribué dans les familles, advenant une bonne coulée. 

Surtout, ils se seraient familiarisés avec la tradition ancestrale qui entoure « wahta », l’érable en kanien’kéha (langue mohawk). Cet arbre « fondamental » est au centre de la cérémonie du printemps dans la culture mohawk et sa sève est sacrée. 

« Vous savez, l’annonce de la contamination au plomb nous inquiète au niveau de la santé, mais aussi au niveau spirituel. D’une certaine façon, nos érables sont malades, alors que notre rôle est de s’assurer que le cycle naturel continue », laisse tomber Sha’teiohserí :io Patton.

Le tableau des récoltes des dernières saisons. À côté de 2026, on peut lire «LEAD POISONING» («empoisonnement au plomb»).

Le tableau des récoltes des dernières saisons. À côté de 2026, on peut lire «LEAD POISONING» («empoisonnement au plomb»). Photo Martin Chevalier

Pour remplacer la collecte d’eau d’érable, Sha’teiohserí :io Patton espère inviter un scientifique pour une conférence et organiser une collecte d’échantillons d’eau d’érable pour que les élèves en fassent leur propre analyse.

« L’idée, c’est d’enseigner à nos élèves comment tester la sûreté de ce qu’ils récoltent, peu importe où ils sont », dit-elle.

La directrice entrevoit aussi un moyen de poursuivre la transmission des pratiques traditionnelles reliées à l’érable, notamment grâce à la contribution de la communauté. Déjà, les parents d’un élève qui fréquente l’école ont proposé de déplacer les cours dans leur érablière familiale.

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