Un candidat conservateur a détruit les équipements d’une partie de l’érablière de ses voisins, avant de mentir au tribunal lorsqu’il a été visé par une poursuite.
Jimmy Gagnon, qui a des chances réalistes de devenir député de la circonscription de Mégantic pour le parti dirigé par Éric Duhaime, paraît bien mal dans une décision de la Cour supérieure datée de 2024.
« Le Tribunal n’accorde aucune crédibilité à Gagnon qui n’a pas hésité à mentir de manière évidente pendant le processus judiciaire », a asséné le juge Sébastien Pierre-Roy au sujet du candidat du Parti conservateur du Québec.
Jimmy Gagnon a été impliqué dans un conflit en 2020 avec ses voisins, un couple de septuagénaires qui exploitait une érablière dans la municipalité de Lac-Drolet, en Estrie.
M. Gagon a voulu s’approprier une partie du terrain même si un arpenteur géomètre venait de déterminer que cette zone appartenait à ses voisins.
Il est même allé jusqu’à détruire leur équipement servant à la production de sirop d’érable.
« Il a coupé les lignes d’eau et d’électricité avant d’arracher les tubulures fixées aux arbres pour les remplacer par ses propres équipements, peut-on lire dans le jugement. ll bloque le chemin à plusieurs endroits avec une chaîne, un câble ou ses tubulures. »
Témoignage « fantaisiste »
Le magistrat est d’avis que M. Gagnon a démontré qu’il était à prêt à « déployer des efforts constants pour nuire » aux opérations de la ferme du couple, qui a intenté une poursuite civile contre lui.
Au procès, il a fourni une version des faits décrite par le juge Pierre-Roy comme étant « fantaisiste » et sans aucune « assise dans la réalité ».
Par exemple, M. Gagnon a d’abord nié catégoriquement avoir arraché les tubulures des érables dans la zone en litige. Puis, il a admis avoir commis le geste avant d’affirmer faussement qu’il avait obtenu une autorisation de la cour.
Questionné sur ces versions contradictoires, il a alors prétendu avoir mal compris la question et qu’il ignorait que le terme « tubulure » correspondait aux équipements qu’il avait arrachés.
Au sujet de certains documents, il a nié les avoir reçus avant d’admettre le contraire puis d’ajouter qu’il ne les avait pas lus.
« Encore une fois sa crédibilité est mise à rude épreuve en raison de son témoignage changeant sur un élément fondamental du dossier », a estimé le magistrat.
Condamné à verser près de 9000 $
Les gestes de M. Gagnon ont fait perdre à ses voisins 125 entailles et l’équivalent de 859,38 $ en sirop d’érable. Mais l’ensemble des dommages est plus considérable, et le juge a ainsi condamné Gagnon à payer au couple 5850 $ en compensation, en plus de 3000 $ en dommages moraux.
« L’abus de droit est évident et l’intention de nuire est démontrée. Gagnon est un homme d’affaires d’expérience, qui fait face à un couple d’acériculteurs âgés », a noté le juge. Le Tribunal a constaté une certaine détresse [chez le couple] causée par le souvenir de cette année difficile pendant laquelle Gagnon vandalisait sans conséquence le résultat de quarante années de travail. »
« Il s’agissait d’un conflit civil de bornage entre deux hommes d’affaires. J’ai défendu ma position devant la Cour, qui ne l’a pas retenue. J’ai respecté le jugement et versé les sommes ordonnées », a fait savoir le candidat par l’intermédiaire du Parti.
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