Un blocus infanticide

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Une des conséquences les plus cruelles du resserrement du blocus économique, financier et commercial des États-Unis contre Cuba depuis l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche est sans contredit l’augmentation du taux de mortalité infantile. C’est l’aspect le plus dramatique et malheureusement le moins visible de ces sanctions inhumaines.

Si auparavant, Cuba pouvait se vanter de figurer parmi les pays avec le plus bas taux de mortalité infantile, devançant même les États-Unis, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Cette triste constatation provient d’un organisme étatsunien, le Center for Economic and Policy Research (CEPR), qui a conclu que « l’expansion des sanctions étatsuniennes contre Cuba, à partir de 2017, est sans aucun doute la cause principale de l’importante augmentation de la mortalité infantile à Cuba ». Selon le CEPR, le taux de mortalité infantile (TMI) a augmenté de 148 % entre 2028 et 2025, une augmentation sans précédent.

Durant cette période, le président Trump, qui en était à son premier mandat, avait resserré le blocus contre Cuba avec l’ajout de 243 mesures coercitives, lesquelles ont été maintenues pendant le mandat du président démocrate Joe Biden, puis de nouveau augmentées avec le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump. Si le TMI s’était maintenu stable pendant ces huit ans, on n’aurait pas eu à déplorer la mort d’environ 1800 bébés.

Or, il est fort probable que ce TMI ait augmenté au cours des derniers mois, depuis l’entrée en vigueur du blocus énergétique, qui a mis fin aux livraisons de pétrole du pays frère, le Venezuela, ainsi qu’à celles provenant du Mexique, qui s’est vu menacé de lourdes sanctions s’il n’interrompait pas son aide solidaire à l’égard de son voisin cubain. C’est toute la chaîne hospitalière qui est ainsi menacée et privée de carburant et d’électricité. « La question qu’on se pose maintenant, c’est combien de bébés devront mourir d’ici à ce que le blocus énergétique contre Cuba cesse », s’est demandé Alexander Main, un dirigeant du CEPR et un des auteurs du rapport incriminant.

Ce rapport précise qu’auparavant, le TMI à Cuba était le plus bas de l’hémisphère occidental, avec 4 pour 1000 naissances vivantes, dépassant même celui des États-Unis. En 2025, il est passé à 9,9. Selon les experts, Cuba ne s’est pas complètement récupérée de la pandémie à la COVID-19, contrairement à ses voisins latino-américains et des Caraïbes. Entre 2020 et 2024, son PIB a atteint à peine 0,4 %, alors que la moyenne enregistrée chez ses voisins a été de 3,2 %.

Le secteur le plus affecté est très certainement celui de la santé publique, avec l’impossibilité d’importer des médicaments essentiels et de l’équipement médical. En maintenant Cuba sur la liste des pays qui encouragent le terrorisme, la Maison-Blanche empêche Cuba d’accéder au financement et aux crédits internationaux et lui ferme carrément les portes des grandes institutions bancaires, sans possibilité de négocier ou d’obtenir des facilités de paiement. Ce qu’elle peut acheter, Cuba doit le payer comptant, et encore, pourvu qu’il y ait moins de 10 % de composantes étatsuniennes.

Il faut ajouter à ce tableau des plus sombres la chute du tourisme, une des principales sources de devises à Cuba, en raison des pénuries de combustibles qui ont entraîné plusieurs compagnies aériennes à suspendre leurs vols réguliers vers la plus grande île des Caraïbes – on n’a qu’à penser à Air Transat et à Air Canada, entre autres. Comme si cela n’était pas suffisant, la Maison-Blanche s’est mise en devoir de convaincre, sous fortes pressions et menaces, les pays qui acceptaient des brigades médicales cubaines de mettre fin à leur contrat d’entraide, selon une formule gagnant-gagnant. Qui est ainsi pénalisé ? Non seulement Cuba, qui voit ainsi s’envoler une importante source de devises pour financer ses programmes sociaux, mais aussi les populations dans le besoin qui bénéficiaient jusqu’alors de soins gratuits dans des régions bien souvent négligées par les services médicaux officiels.

Selon ce même rapport, ces mesures économiques sont aussi mortifères qu’un conflit armé et elles auraient entraîné quelque 564 000 morts par année, dont la moitié sont des enfants de moins de cinq ans. Car ce que vise justement le renforcement du blocus, c’est la population ordinaire. En créant du mécontentement et de l’épuisement, on pense provoquer un soulèvement populaire contre le gouvernement. Un véritable crime de guerre, à mon avis.

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