Terrebonne et le retour du «vote ethnique»

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C’était écrit dans le ciel. Le Voldemort de la question nationale allait un jour refaire surface dans le débat public.

L’élection partielle dans Terrebonne en a été l’étincelle. Comment le Bloc a-t-il pu perdre cet ancien château fort ? Une circonscription qui n’a jamais voté rouge depuis 1980 et que le PQ remportait avec 52 % des voix il y a à peine un an.

Je suis de ceux qui croient que l’effet Carney se fait toujours sentir, tout comme l’angoisse économique provoquée par les dérives de Donald Trump à l’échelle mondiale.

Toutefois, lorsque le chef du Bloc Québécois évoque ouvertement les changements démographiques dans l’issue du vote, il impose un débat que le mouvement souverainiste a voulu garder dans le placard depuis 1995.

Beau pavé dans la mare pour le chef du Parti Québécois à six mois de l’élection.

Les vraies affaires

Il faut rendre à César ce qui lui appartient. C’est François Legault qui a remis cet enjeu au cœur du débat public.

Après la honte post-référendaire et les années libérales, il aura fallu la CAQ pour se réapproprier la question de l’immigration et celle de son impact sur le tissu social et culturel québécois.

Mais jusqu’ici, on parlait de « protéger le français », « défendre nos valeurs communes ». On a développé une foule d’euphémismes pour remplacer le toxique « vote ethnique »: immigration massive, lavalisation, démographie.

Cependant, nul n’avait osé dire aussi clairement que la hausse du nombre de néo-Québécois nuit aux perspectives électorales de la cause souverainiste. C’est pourtant ce qu’a fait Yves-François Blanchet pour expliquer la défaite dans Terrebonne.

Comme quoi de l’eau a coulé sous les ponts depuis les paroles fatidiques de Jacques Parizeau : en 2026, personne n’a crié au racisme.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Jambette

Mais le chef bloquiste ne s’est pas contenté de formuler à voix haute ce que de nombreux souverainistes pensent déjà. Il a surtout mis en lumière une fracture bien réelle au sein du mouvement indépendantiste.

« On ne convaincra pas les immigrants en leur disant qu’on ne veut pas les voir », a-t-il lancé, renouant avec la doctrine bloquiste inclusive d’avant la vague orange.

Pas besoin de nommer le chef du PQ pour saisir la cible.

La fracture est désormais claire : entre ceux qui croient que la souveraineté passe par le vote des néo-Québécois et ceux qui n’y croient plus.

Car la longue traversée du désert des lendemains de 1995 en a convaincu plusieurs que seul un discours identitaire peut mobiliser suffisamment l’électorat francophone pour faire l’indépendance.

Mais maintenant que le chat est sorti du sac, c’est le chef péquiste qui devra en gérer les conséquences. On lui demandera de répondre à Yves-François Blanchet. On lui demandera si l’immigration nuit à l’indépendance. On devine la suite.

Or, c’est précisément le débat qu’il avait fort habilement réussi à éviter jusqu’ici.

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