Tarifs sur les meubles et électroménagers américains: le détaillant JC Perreault refuse de refiler la facture à ses clients

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Le temps presse pour un détaillant québécois de meubles et d’électroménagers, qui espère de tout cœur recevoir ses commandes américaines avant l’entrée en vigueur des contre-tarifs, le 8 septembre.

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« C’est urgent. Nos commandes sont placées, ça doit entrer avant le 8 septembre », soutient Martin Perreault, vice-président chez Meubles JC Perreault, qui compte 14 magasins et 500 employés au Québec.

L’entreprise tente de faire entrer à temps la marchandise déjà vendue à ses clients pour éviter les contre-tarifs de 25 % annoncés par Ottawa.

« Tout le stock qui est déjà vendu, on doit l’acheter et l’entrer dans nos entrepôts pour que nos clients n’écopent pas. De toute façon, on ne pourrait pas les faire écoper, rappelle M. Perreault. Un contrat, c’est un contrat. Le prix qui est indiqué, c’est le prix que le client doit payer. »

Si la marchandise n’arrive pas à temps, le détaillant ne pourra pas refiler la facture supplémentaire aux consommateurs. L’absorber lui-même n’est cependant pas viable. « C’est plus gros que le profit qu’on fait », dit-il.

Martin Perreault s’attend à ce que les fournisseurs américains prennent en charge les droits de douane s’ils ne respectent pas les délais. « S’ils ne peuvent pas [livrer à temps], ça va probablement être le manufacturier [...] qui va absorber le tarif parce qu’on l’a placé avant l’augmentation du prix », estime-t-il.

Pas question de remplir les entrepôts cette fois

À l’annonce de cette nouvelle ronde de tarifs et de contre-tarifs, Martin Perreault a eu une désagréable impression de déjà-vu : « J’ai dit non, c’est pas vrai »!

La situation rappelle celle vécue l’an dernier, lorsque JC Perreault avait rempli ses entrepôts de produits américains avant l’entrée en vigueur des tarifs afin de protéger ses stocks contre une hausse de prix.

Cette stratégie avait toutefois eu un effet inattendu : entre-temps, un mouvement de boycottage des produits américains avait pris de l’ampleur au Québec.

« C’était la première fois qu’on faisait face à ça. [...] Aussitôt qu’il y a eu une campagne de boycott [...], le client disait : “Non, non, je n’achète plus américain.” », dit-il.

Le détaillant s’était ainsi retrouvé avec d’importantes quantités de meubles et d’électroménagers américains, qu’il a réussi à écouler mais plus lentement que d’habitude.

Une portion limitée des produits touchée

Le vice-président estime que seulement 15 % de ses articles d’électroménagers seront touchés. La proportion serait encore plus faible du côté des meubles, puisque plusieurs sont fabriqués au Québec, ailleurs au Canada ou en Asie.

« Le client qui ne veut vraiment ne pas être touché n’a qu’à choisir autre chose. Il y a de très bons appareils qui existent », soutient Martin Perreault.

L’incertitude inquiète davantage

Martin Perreault se dit surtout préoccupé par la possibilité d’une nouvelle escalade commerciale.

« Ce qui me fait vraiment peur, c’est après [...] Je crains qu’un marché avec les États-Unis devienne encore plus difficile, qu’on soit touchés économiquement, que mes clients soient touchés aussi. En fait, toute notre économie. »

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