Radio-Canada et CBC sont en voie d’accorder une augmentation salariale de 14,5 % à leurs employés syndiqués, d’après une entente de principe signée dans la nuit de jeudi à vendredi entre le syndicat et la partie patronale.
La présidente par intérim du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada (STTRC – CSN), Lise Millette, indique que le regroupement recommandera aux membres d’adopter l’offre.
Elle prévoit des augmentations salariales de 14,5 % sur quatre ans : 6 % la première année (rétroactif au 23 mars 2026), 3 % en 2027, 3 % en 2028 et 2,5 % en 2029.
Aucun autre grand média canadien n’a accordé récemment de hausses salariales de cette ampleur dans le cadre d’un renouvellement de convention collective. L’industrie est plutôt marquée depuis des années par les compressions, les abolitions de postes et les gels salariaux.
Cette entente dissipe la menace de grève qui planait sur le diffuseur public et qui aurait pu être déclenchée dès le 23 septembre, annulant du même coup le débat des chefs qui doit se tenir ce soir-là à 20h.
Avant le blitz de négociations, le syndicat réclamait des augmentations de 20 % sur trois ans. Il soumettra l’entente de principe aux membres en assemblée générale d’ici une à deux semaines.
Mme Millette souligne que le STTRC ne représente pas uniquement des journalistes et animateurs vedettes, mais aussi des employés de bureau et des techniciens qui gagnent « près du salaire minimum ».
« Certains de nos membres sont admissibles à un logement social. Le rattrapage est nécessaire », fait-elle valoir.
L’entente intervient quelques mois après que le gouvernement Carney eut promis de protéger le financement de CBC/Radio-Canada. Cet engagement contraste avec les compressions et gels de dépenses imposés dans plusieurs autres secteurs de l’administration fédérale.
Dans ce contexte, les syndiqués du diffuseur public obtiennent une entente qui risque de faire des jaloux dans les couloirs du gouvernement fédéral.
Les syndicats de la fonction publique fédérale réclament des hausses salariales avoisinants 29 % sur trois ans. Mais le Conseil du Trésor campe sur une offre bien plus modeste, soit 2 % pour 2025, puis 0,5 % par année de 2026 à 2028.
Jugeant l’offre patronale nettement insuffisante, l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada qui représente près de 50 000 fonctionnaires fédéraux a annoncé cet été qu’il injectait plusieurs millions dans son fonds de grève.
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