Soigner les animaux sauvages malades: l'élan de compassion qui inquiète les experts

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Ils prennent soin d’animaux sauvages malades chez eux, mais des experts mettent en garde les bons samaritains inexpérimentés.

Le 6 juin dernier, Blaise Barrette s’est fait contacter à propos d’une jeune corneille qui se serait violemment frappée à une fenêtre ou qui serait tombée du nid à Rimouski. 

« On doit réagir très rapidement, on a pris la décision de l’accueillir pour améliorer ses chances de survie, explique le Matanais. Une heure après sa capture, elle était très faible. Si elle était restée là, ses chances de survie étaient très basses. »

Celle qu’il a surnommée Plume est la cinquième corneille qu’il accueille et réhabilite, alors que la toute première qu’il a sauvée est arrivée à lui alors qu’il n’avait que 14 ans.

Il estime que Plume pourrait migrer dès cet automne si elle arrive à se joindre à un groupe de corneilles.

Le Matanois Blaise Barrette, avec une jeune corneille blessée qu'il a sauvé à Rimouski le mois dernier.

Le Matanois Blaise Barrette, avec une jeune corneille blessée qu'il a sauvé à Rimouski le mois dernier. PHOTO FOURNIE PAR Blaise Barrette

Sur les réseaux sociaux, les gens qui « adoptent » et prennent soin d’animaux sauvages sont nombreux. M. Barrette est l’un d’entre eux alors qu’il partage les exploits de Plume. Bien que gratifiante, l’expérience de réhabiliter un animal sauvage n’est toutefois pas pour tout le monde.

« Dans mon cas, j’ai de l’expérience, j’habite en nature, j’ai des installations adaptées, j’ai des contacts précieux auprès de refuges et elle a un régime alimentaire spécifique à ses besoins. Je ne conseille à personne d’en adopter pour le plaisir ou encore, en appartement », insiste M. Barrette.

« Il y a des gens qui trouvent des oiseaux, qui les gardent chez eux plusieurs jours avant de nous les confier, ça peut être dangereux comme les bêtes peuvent arriver avec des carences alimentaires ou des problèmes physiques », confirme Élise Laferrière, biologiste chez Le Nichoir, un organisme montréalais qui vient en aide aux oiseaux en difficulté.

Familles d’accueil recherchées

Un autre animal qui est souvent adopté de façon temporaire est l’écureuil gris. Chaque été, on cherche des dizaines de familles d’accueil pour aider des petits qui seraient tombés du nid ou qui ont été blessés afin d’assurer leur survie.

Un écureuil roux qui a été réhabilité par une citoyenne qui a sauvé près de 100 écureuils depuis 2013.



PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau

Un écureuil roux qui a été réhabilité par une citoyenne qui a sauvé près de 100 écureuils depuis 2013. PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau

« J’ai sauvé plusieurs dizaines d’écureuils depuis 2013. Il faut être habitués, comme ces animaux ont des besoins spécifiques. On vient de m’en confier un qui a deux semaines et je vais me lever cette nuit pour le nourrir et m’assurer qu’il soit au chaud », explique France Carbonneau.

Un autre petit écureuil qui a été réhabilité par France Carbonneau et qui a été reintégré dans une forêt.



PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau

Un autre petit écureuil qui a été réhabilité par France Carbonneau et qui a été reintégré dans une forêt. PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau

La Longueuilloise insiste sur le fait qu’il est impératif de ne pas prendre soin d’animaux si nous n’avons pas les connaissances.

Un jeune écureuil roux qui retourne à la nature après plusieurs mois de réhabilitation. 

PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau

Un jeune écureuil roux qui retourne à la nature après plusieurs mois de réhabilitation. PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau PHOTO FOURNIE PAR France Carbonneau

« Il y a des gens qui veulent bien faire, mais si on trouve un animal sauvage blessé, il est souvent mieux de l’apporter à un refuge ou de trouver une personne expérimentée pour en prendre soin », résume-t-elle.

Boîte info : Aspect légal

  • Au Québec, il est possible de prendre en charge plusieurs espèces, dont les corneilles, les salamandres ou encore les écureuils sans détenir de permis.
  • Il ne faut pas en avoir plus de 15 en sa possession pour éviter les débordements.
  • Les espèces pour lesquels un permis est obligatoire nécessitent habituellement plus d’expérience, des installations complexes ou représentent des risques de maladies
  • Une diminution globale de 13 % du nombre de permis de garde d’animaux en captivité a été observée depuis 2019, passant de 304 permis délivrés à 268 en 2025.

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