Donald Trump pourrait bien avoir placé les tribunaux devant un « fait accompli » en faisant démolir une partie de la Maison-Blanche pour y construire sa monumentale salle de bal, malgré les décisions de justice qui tentent de freiner son projet, estime un analyste.
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La justice américaine a de nouveau bloqué, vendredi, le chantier de la monumentale salle de bal de la Maison-Blanche, une décision que Donald Trump a fustigée en la qualifiant de « honte nationale ».
« La grosse question ici, c’est à qui appartiennent les bâtiments américains ? Est-ce qu’ils appartiennent au président ou ils appartiennent au peuple américain ? [...] Ce que le tribunal d’appel vient de dire c’est : “Non, les bâtiments américains, ils appartiennent au peuple des États-Unis” », explique l’analyste politique Georges Mercier sur les ondes de LCN, samedi.
Ainsi, c’est le Congrès qui peut décider de détruire, de rénover ou de transformer les bâtiments fédéraux, et non le président américain, même si Donald Trump en revendiquait le pouvoir. Bien que la Cour d’appel ait bloqué ses plans d’envergure et que le président souhaite désormais contester cette décision devant la Cour suprême, il resterait peu de recours pour interrompre complètement les travaux à ce stade, estime l’analyste.
« Ça exemplifie vraiment la logique du pouvoir chez Trump où le temps des tribunaux, il est plus long que le temps d’administration. Donc même si, à terme, la Cour suprême disait au président : “Vous ne pouvez pas avoir votre salle de bal, nous allons freiner vos ambitions ici”, mais le fait demeure que l’aile Est de la Maison-Blanche, elle a été détruite et que là, il y a un chantier de construction », fait-il valoir.
Donald Trump placerait ainsi le tribunal devant « le fait accompli », et il serait surprenant que la Cour suprême puisse l’empêcher d’aller de l’avant, selon M. Mercier.
« L’alternative ce serait quoi ? D’avoir un trou béant au cœur de Washington qui, pour certains, symboliserait bien le pouvoir du président, mais qui néanmoins représenterait un vrai problème. Donc, encore une fois, on a un président qui agit, un tribunal qui arrive en retard avec les conséquences qu’on connaît », soutient-il.
Une « obsession » pour Trump
En plus du chantier de la salle de bal de la Maison-Blanche, Donald Trump a récemment fait rénover le bassin réfléchissant à Washington, un projet qui a mal tourné. Il a également fait ajouter son nom au Kennedy Center, une décision qu’un juge fédéral a estimée illégale en juillet.
« On a envie de dire promoteur immobilier un jour, promoteur immobilier toujours, Donald Trump a vraiment une obsession avec le patrimoine bâti de Washington », affirme Georges Mercier.
Sa grande salle de bal représenterait pour lui une façon de laisser sa marque à la Maison-Blanche.
« Comme sa manière à lui d’immortaliser vraiment au cœur du pouvoir américain sa présence de quelle manière ? Avec une grosse salle de réception », ajoute-t-il.
Voyez l’entrevue intégrale ci-haut.
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3 days ago
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