Reprendre un château fort libéral, le pari de Julie White

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Dans la région de Québec, le Parti libéral du Québec (PLQ) place beaucoup d’espoir dans Jean-Talon, où Julie White, ex-PDG de Manufacturiers et exportateurs du Québec, espère ramener chez les rouges cet ancien château fort détenu depuis 2023 par le péquiste Pascal Paradis.

Même si les sondages ne favorisent pas le PLQ, Julie White refuse de se laisser abattre. Dans cette circonscription, une course à deux se dessine. Elle croit en ses chances.

« Nous ne sommes qu’au début, et chaque semaine peut réserver son lot de surprises. Il faut laisser la campagne se vivre et pas seulement parler des sondages », plaide cette avocate de formation, qui a longtemps travaillé au sein du PLQ, où elle a gravi de nombreux échelons.

En 2022, même si elle savait fort bien les chances de son parti très faibles, Julie White a accepté de se présenter dans Jean-Talon « pour l’équipe », dit-elle. Cette fois, le contexte est tout à fait différent. L’accueil aussi.

En mode écoute

Pendant quelques semaines après l’annonce de sa candidature, en mai, Mme White a tapé du pied. « Je me suis organisée, j’ai rencontré des groupes, mais j’avais hâte d’aller à la rencontre des gens. Il fallait attendre que le moment soit propice, que les gens aient envie d’entendre parler de politique. »

La circonscription a en effet été le théâtre de six élections provinciales en trois mandats. C’est beaucoup.

Dans le porte-à-porte, Julie White se présente, et parle du programme de son parti, bien entendu. Mais surtout, elle aime écouter les préoccupations.

« Beaucoup de gens ici sont contents de revoir le PLQ ravoir une chance [...]. Ils me parlent beaucoup d’économie, et de souveraineté qui les inquiète, même si les péquistes n’aiment pas trop ça quand j’en parle et m’accusent de vouloir faire peur. Mais il faut bien en parler car ça existe et les gens l’abordent. »

Les gens de Jean-Talon sont très éduqués, très politisés aussi. Ils s’inquiètent de la détérioration des services publics, du sort des aînés.

Ils craignent, selon Mme White, de perdre des institutions, sur un territoire où évoluent trois écoles privées et alors que des partis remettent en question le libre choix.

Vidéo percutante

Afin de sensibiliser aux commentaires violents et insultants que reçoivent les candidats en politique, Julie White a eu l’idée de préparer une vidéo pour les dénoncer. Percutante, son initiative a beaucoup fait jaser.

« Je ne prétends pas que ça va régler la situation, évidemment, mais je pense que c’est important d’en parler, car c’est un enjeu de société qu’on a. Ça fait peur à beaucoup de gens, qui ne vont pas en politique à cause de ça », regrette-t-elle.

La candidate libérale déplore que les chefs du PQ et du PCQ persistent à défendre des candidats qui ont tenu des propos inacceptables. « Je pense que nos leaders doivent être des exemples de ce côté-là. C’est leur choix, mais ça démontre leur style de leadership, et c’est une question de valeurs. »

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