L’histoire facile consiste à jeter à la poubelle le concept des maisons des aînés. Elles ont coûté trop cher, il n’y en aura jamais pour tout le monde, Legault s’est lancé dans une aventure séduisante qui a tourné au fiasco.
Pour moi, l’histoire est pas mal plus compliquée que cela. Le concept des maisons des aînés a été créé à partir des opinions d’experts sur les besoins des aînés. Les a-t-on imaginées un peu trop chromées ? Peut-être. Mais devons-nous tout abandonner pour en revenir à développer des CHSLD comme avant ? Un gros non.
Je vous pose une question. C’est celle que pose l’ex-ministre Marguerite Blais, marraine de l’idée des maisons des aînés. Connaissez-vous une seule personne qui dit vouloir aller vivre en CHSLD ?
Bien sûr, ces institutions sont associées à une perte d’autonomie que personne ne souhaite. Au-delà de ça, les CHSLD sont devenus les symboles du mouroir aux services minimaux. J’ai le souvenir d’un homme résidant en CHSLD et disant au micro d’une reporter : « Ici, on ne vit pas, on attend la mort. »
Du positif
Il y a certainement deux choses positives à retenir des maisons des aînés. D’abord, ce sont de véritables milieux de vie. Deuxièmement, ceux qui y vivent et leur famille semblent très largement satisfaits.
De l’autre côté, il existe trois problèmes majeurs qui expliquent la vague de critiques des derniers mois et le refus de plusieurs partis en élection d’en poursuivre le développement.
Problème numéro un : les coûts. 800 000 $ par unité de logement, c’est énorme. Doit-on mettre le blâme seulement sur la volonté de construire des milieux de vie plus humains ? De fournir une salle de bains avec douche à chaque résident ? D’inclure une cuisinette, un salon, une cour dans chaque bloc de 12 logements ?
Je suggère qu’on devrait aussi remettre en question l’incapacité au Québec à construire quoi que ce soit à des coûts sensés. Toute construction coûte les yeux de la tête. Et lorsque c’est le gouvernement qui fait construire, ça coûte la tête au complet ! Les coûts de construction ont grimpé de quelque 50 % depuis la pandémie. Maisons des aînés ou pas, c’est un enjeu à attaquer.
Problème numéro deux : il manque de place. Avec la structure de coûts actuelle, les maisons des aînés ne peuvent jamais créer en peu de temps les milliers de places pour répondre à la pression créée par le vieillissement.
La politique
Problème numéro trois : l’appellation « maisons des aînés » est devenue synonyme de « gadget de la CAQ ». Les autres partis entendent le nom et font de l’urticaire. Il faudra les renommer pour calmer les esprits.
Il y a un précédent au Québec. Les « garderies à cinq piastres » étaient un gadget électoral du PQ. Au fil des adaptations avec le passage d’autres gouvernements, elles sont devenues les CPE d’aujourd’hui. En passant, sur papier, ce système coûterait trop cher pour nos moyens... comme les maisons des aînés.
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1 week ago
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