Québec refile aux entrepreneurs la hausse des tarifs douaniers pour la construction d’une école pendant que Christine Fréchette promet de les protéger de la guerre commerciale.
Le 26 août, le Centre de services scolaire de la Riveraine a publié une clause dans un addenda, 13 jours avant la fermeture de son appel d’offres pour une nouvelle école primaire de 12 classes à Nicolet, dans la région du Centre-du-Québec.
En deux lignes, le CSS dit que peu importe à combien grimpent les tarifs, le dépôt d’une soumission bloque le prix et qu’après, les entrepreneurs ne peuvent plus réclamer un sou de plus.
« Si le gouvernement souhaite soutenir les entreprises touchées par les contre-tarifs, ses propres donneurs d’ouvrage ne peuvent pas leur transférer entièrement ce risque », tranche Eric Côté, PDG de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ).
Sa crainte est que la clause fasse boule de neige dans l’ensemble des contrats publics.
Le gouvernement le sait
La CEGQ affirme être intervenue auprès du ministère de l’Éducation et de l’Autorité des marchés publics pour faire retirer la clause. En vain, car l’appel d’offres a fermé le 8 septembre avec la clause toujours en place.
Eric Côté a discuté avec de nombreux entrepreneurs généraux depuis. La facture totale du projet pourrait grimper de 5 % à 10 % à cause des tarifs douaniers, disent-ils.
Pour la nouvelle école à Nicolet, cela représente entre 935 000 $ et près de 1,9 M$ de plus.
Le CSS la Riveraine confirme avoir déjà imposé une clause semblable à un autre projet d’école primaire, au printemps 2025. L’organisme dit avoir « le devoir de minimiser les risques de modifications contractuelles en cours de projet » et assure que les prix soumis pour Nicolet sont restés dans les paramètres budgétaires prévus.
Qui va payer la facture
Sept entreprises ont soumissionné pour construire l’école à des prix variant de 18,7 M$ à plus de 20 M$. Les deux plus bas sont séparés par à peine 1500 $.
Sur le terrain, les entrepreneurs ont déjà été avisés de hausses tarifaires à venir sur quelques gros morceaux : acier de structure, équipements de ventilation, électricité, couverture de toiture et quincaillerie architecturale.
Quand l’appel d’offres a fermé mardi, la première ministre sortante parlait de son bouclier contre la guerre tarifaire. La cheffe de la CAQ veut réserver des contrats publics aux entreprises d’ici et canadiennes et exiger 15 % de contenu local dans certains projets de construction.
La CEGQ s’est sentie oubliée ce jour-là.
« Un partage plus équilibré des risques protégerait à la fois les entrepreneurs, les projets publics et les contribuables », résume Eric Côté.
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