Le chef du PQ accuse les dirigeants de Santé Québec de faire de la politique en pleine campagne électorale, alors qu’il souhaite abolir la société d’État.
Paul St-Pierre Plamondon dénonce les interventions de Santé Québec pour défendre son bilan et son utilité.
« Depuis que le Parti québécois parle de santé Québec, comme par hasard, l’État dans l’état de santé Québec fait beaucoup de politique », a affirmé le chef péquiste.
« Le jour où on annonçait devant HMR [l’hôpital Maisonneuve-Rosemont], Santé Québec fait une annonce sur le fait que HMR allait super bien. Puis, ils se sont eux-mêmes commandé une étude sur l’efficacité de santé Québec (...) à même les fonds publics pour faire son autopromotion. »
Le chef péquiste admet que certains aspects de Santé Québec fonctionnent bien, notamment le suivi des indicateurs de performance.
Il a laissé entendre, dans une entrevue avec La Presse, qu’il pourrait créer une agence ou une équipe de type « task force » afin de préserver ces éléments.
PSPP a toutefois assuré qu’il ne s’agissait pas d’ajouter une nouvelle structure, mais plutôt d’éliminer un palier bureaucratique.
« L’agence, ce n’est probablement pas le bon mot. On parle probablement plus d’une division, a-t-il expliqué. On voudra la conserver au ministère, et donc donner une reddition de comptes au gouvernement sur comment on dépense l’argent. »
Malgré des données contestées, il réitère que la bureaucratie a augmenté de 900 employés depuis la création de la société d’État. Le ministère de la Santé parle plutôt de 500 emplois.
En abolissant Santé Québec, le PQ prévoit des économies de 40 à 100 M$ par année.
« Nous autres, on veut rediriger les économies en bureaucratie vers les services », a-t-il soutenu.
Ses adversaires cherchent à comprendre
La forme que prendra cette nouvelle branche du ministère reste donc à définir.
S’il prend le pouvoir le 5 octobre, le chef péquiste promet de mettre rapidement sur pied une commission parlementaire afin d’entendre les experts et de déterminer la meilleure formule.
Il a également refusé de préciser ce qu’il adviendra des Top guns de Santé Québec sous un gouvernement péquiste.
« Ce n’est pas le lieu ni l’endroit pour régler le sort de chacun des 1300 employés environ de Santé Québec », a-t-il plaidé.
La première ministre sortante n’a pas hésité à ridiculiser la proposition du chef péquiste.
« Un task force pour gérer des centaines de milliers d’employés ? (...) Ça m’apparaît complètement ne pas correspondre aux besoins qui sont existants. Alors en termes de gestion, on a besoin d’une équipe costaude », a affirmé la cheffe caquiste Christine Fréchette.
De son côté, la solidaire Ruba Ghazal dit ne pas comprendre la proposition de PSPP.
« Ce que je comprends par exemple, c’est que les Québécois ont besoin d’avoir des soins rapidement, a-t-elle signalé. Les gens ce qu’ils veulent, ce n’est pas des débats de structure, des débats de mots. Ce qu’ils veulent, ce sont des soins. »
Charles Milliard estime pour sa part que St-Pierre Plamondon « commence à regretter sa promesse, qui ne tient pas la route ».
Selon lui, l’abolition de Santé Québec ne servirait à rien et nuirait aux travailleurs du réseau.
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