La cour d’assises de Paris a ordonné lundi le huis clos au procès d’un Indien de 29 ans, jugé pour avoir animé un groupe de discussion masculiniste où des jeunes filles, pour la plupart mineures, étaient forcées à se livrer à des actes sexuels en ligne et à se mutiler.
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Ordonnée malgré la demande de publicité formulée à l’audience par l’avocat de plusieurs victimes, cette décision est intervenue après une demande en ce sens des autorités américaines.
Notamment actif aux États-Unis, « le groupe criminel » dont Rohan Rane est soupçonné d’avoir été le leader, « a déjà cherché à intimider des victimes et des témoins » et menacé des procureurs américains, selon l’arrêt lu par la présidente de la cour d’assises, qui a également invoqué une « publicité dangereuse pour les mœurs », avec la diffusion prévue de vidéos de scènes de tortures et d’humiliation des victimes, souvent âgées de moins de 15 ans, lors des débats prévus jusqu’à vendredi.
Au-delà des cinq Américaines de 18 à 21 ans qui sont parties civiles et devraient témoigner en visio cette semaine, les victimes de ce groupe, qui dialoguaient sur la plateforme Discord, sont bien plus nombreuses, des États-Unis aux Pays-Bas, en passant par la Grande-Bretagne ou l’Estonie.
Pour la plupart mineures au moment des faits, souvent âgées de moins de 15 ans, elles sont tombées entre les griffes de ce groupe d’hommes jeunes, allemands, néo-zélandais, américains, qui dialoguaient sur la plateforme Discord, pétris de racisme et d’antisémitisme, d’esthétique nazie, de valeurs ultraconservatrices, de haine contre les féministes et la communauté LGBT+.
Rane, un Indien de 29 ans venu en France étudier dans une école de commerce d’Antibes (sud-est), est dépeint par l’enquête comme leur chef de file et le « donneur d’ordre principal » sur les vidéos.
Jugé notamment pour torture ou actes de barbarie sur mineurs, extorsion en bande organisée ou encore diffusion de contenus pédopornographiques, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité, vendredi si des circonstances aggravantes sont retenues, l’extorsion en bande organisée est passible de la perpétuité.
L’affaire a été déclenchée en novembre 2020 par un signalement du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) : cette organisation américaine de protection de l’enfance avait découvert sur le web des images d’une enfant de 12 ans au torse dénudé, qu’un interlocuteur incitait à se scarifier en gravant sur son corps le nom « Rohan ».
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