« Pas d’IA dans nos livres, l’art est humain ! », ont scandé à répétition auteurs, illustrateurs et sympathisants réunis samedi au Salon international du livre de Québec (SILQ) lors d’un rassemblement qui visait à dénoncer l’utilisation de l’intelligence artificielle générative en édition.
« Il faut absolument profiter des événements comme celui-ci pour sensibiliser les gens à l’importance de l’art humain et de la créativité. Il faut porter notre message haut et fort pour les générations futures », explique Pascal Colpron, co-porte-parole du Regroupement pour l’art humain (RAH).
Depuis le début de l’événement mercredi, plusieurs maisons d’édition, dont les Éditions Sawin, ont installé des affiches à leur kiosque indiquant que « cette maison d’édition est de création 100 % humaine ».
Une soixantaine de maisons d’édition ont d’ailleurs donné leur appui aux revendications du RAH, souhaitant sensibiliser les lecteurs aux dangers de l’usage de l’intelligence artificielle générative dans le monde littéraire.
« L’art humain comme celui-là est important pour la culture. À l’inverse, il n’y a rien de moins authentique que de la bouillie faite par intelligence artificielle. », a-t-il lancé au Journal.
Un sceau pour l’IA
Celui qui était également à l’origine du rassemblement tenu en novembre dernier à Montréal estime toutefois que la création d’un sceau indiquant l’utilisation de l’intelligence artificielle pourrait contribuer à régler la situation.
« C’est vraiment comme pour les allergies, les produits véganes ou les produits américains dans le domaine alimentaire. Les gens ont le droit de savoir ce qu’ils consomment, donc on travaille là-dessus avec des juristes et des députés, mais ce serait vraiment notre idéal. »
Il croit par ailleurs que les subventions devraient être réservées uniquement aux artistes qui n’ont pas recours à l’intelligence artificielle.
« On croit que c’est justifié de revoir la distribution parce qu’on a une perte de revenu quantifiable et ces subventions existent pour protéger un marché fragile, donc ça n’a aucun sens que ce soit donné à des gens qui utilisent l’intelligence artificielle et qui ont fait le même travail en deux minutes. »
« Comme un chien dans un jeu de quilles »
Le militant parle également d’un combat qui dépasse le milieu artistique et qui concerne, selon lui, l’ensemble de la société, alors que la demande énergétique et les pertes d’emplois liées à l’intelligence artificielle pourraient éventuellement avoir des répercussions sur tout le monde.
« Oui l’IA générative est dangereuse pour les artistes, mais elle l’est également pour la majorité des gens, autant en ce qui concerne les pertes d’emplois qu’au niveau de la crise climatique, avec la facture d’électricité qui pourrait grimper et l’eau qui pourrait commencer à manquer. »
Il souligne également que l’encadrement légal accuse un retard face à l’évolution rapide de la technologie.
« L’intelligence artificielle arrive un peu comme un chien dans un jeu de quilles. Ça perturbe beaucoup de choses dans un contexte légal encore très flou. On n’est pas contre l’utilisation de l’IA en général, mais ça doit être bien fait et surtout légiféré. On espère que ça viendra bientôt », a-t-il conclu.
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2 weeks ago
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