Plusieurs ont jugé exagérés les soupçons de Paul St-Pierre Plamondon quant à la possible ingérence fédérale dans l’actuelle campagne électorale québécoise. Soutenant qu’on assistait peut-être à « la plus importante tentative d’ingérence depuis 1995 », il a demandé une enquête à Élections Québec.
Dans le passé, il est vrai qu’Ottawa s’est souvent intéressé de près aux scrutins québécois, de différentes manières. Certaines sont clandestines, voire illégales ; d’autres relèvent uniquement de la manœuvre politique.
Brink’s et Trudeau
En avril 1970, le Parti Québécois participe pour la première fois à des élections générales. Qui seront marquées par le « coup de la Brink’s »: trois jours avant le vote, fixé au 29 avril, des médias assistent à un transfert spectaculaire, par neuf camions de la Brink’s, de milliers de certificats de valeurs mobilières de Montréal vers Toronto.
Dans les mêmes élections, le PQ accuse Ottawa d’avoir participé à la distribution de 250 000 exemplaires d’un bulletin. Signé par la « Fédération libérale du Canada », il affirme que le fédéral verse au Québec 1 milliard $ de plus que ce qu’il y perçoit en impôt et en taxes.
Même le chef du PLQ, Robert Bourassa, y voit de la « propagande »!
La veille du vote, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau prononce un discours télévisé au sujet du « statut du Québec dans la Confédération ». René Lévesque, furax, parle de « fraude électorale » et de « publicité illégale » pour le Parti libéral du Québec.
Dans les années qui suivirent, le PQ fera l’objet d’une surveillance de la part des services secrets canadiens : création de Fan Tan, service de renseignement sur le PQ dirigé par un ministre de Trudeau ; vol par effraction de la liste des membres en 1973. Deux commissions d’enquête concluront que des actes illégaux ont été commis.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Référendum de 1995
Lors du référendum de 1995, le gouvernement Chrétien accélère le traitement des demandes de citoyenneté et participe à l’organisation d’une manifestation monstre à Montréal (qualifiée de « love-in »). De manière plus discrète, il verse quelque 10 millions $ à un organisme quasi secret pour lutter contre le camp du Oui. En 2007, le livre de Normand Lester Les secrets d’Option Canada conduit le Directeur général des élections du Québec à déclencher une enquête. L’ex-juge Bernard Grenier conclut qu’« environ 539 460 $ constituaient des dépenses réglementées non autorisées et non déclarées ».
Politique
Évidemment, lors de plusieurs autres scrutins au Québec, le gouvernement fédéral a fait sentir sa présence, mais de manière ouverte, politique.
Pierre Elliott Trudeau, lors du référendum de 1980, jure, lors d’un grand discours, qu’un Non voudra dire un Oui au fédéralisme renouvelé...
Autre cas moins spectaculaire et plus récent : en pleine campagne électorale de 2007, Stephen Harper annonce qu’il réglera le « déséquilibre fiscal », un grief ancien au Québec. Jean Charest est clairement avantagé. Mais il annonce le lendemain qu’il consacrera l’argent reçu... à des baisses d’impôt. Ce qui le brouillera définitivement avec Harper.
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1 week ago
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