Paraît qu’à Montréal, il n’y a plus de traces d’hiver. Par ici, on enfonce encore à la mi-cuisse dans la neige qui vire en sel dans le bois. Le printemps nous résiste encore. J’imagine qu’en ville, c’est plus facile de réfléchir aux vacances. Ici, faut se rappeler que ça s’en vient. Ce matin, ça jasait de tourisme à ma radio locale. Ma région dévoile sa nouvelle stratégie de promotion :
« L’Abitibi-Témiscamingue, c’est pas pour tout le monde pis c’est ben correct. »
Ayoye. Audacieux.
D’emblée, elle nous dit qu’elle ne fera pas à semblant.
S’assumer pleinement
Ici, être loin, ce n’est pas un état, c’est une destination. Qui vaut son pesant d’or. Ça en fait une région encore sauvage, millénaire, mais si jeune à la fois. Elle nous oblige à la ténacité et à la débrouillardise où tout est encore à bâtir.
Ici, on est les derniers Québécois à voir le soleil se coucher. C’est pas mêlant, en juin, quand il fait noir à Québec, le soleil se miroite encore sur nos lacs.
Et parce qu’on sait l’effort que ça prend pour traverser le parc De La Vérendrye, ça fait de nous du monde bien reconnaissant et accueillant. Je vous le jure, qui s’y frotte s’y pique. C’est le secret le mieux gardé du Québec, qu’on se plaît à dire.
Mais ce n’est pas pour tout le monde. On ne vous convaincra pas du contraire.
Inspirer le reste du Québec
Je trouve ça rafraîchissant qu’on soit si honnête. Ça clash avec les campagnes traditionnelles, et pas juste celles touristiques, où on cherche constamment à rallier le plus large possible au risque de se dénaturer.
Cette campagne, ce n’est pas juste pour teaser le monde à débarquer en Abitibi-Témiscamingue.
C’est un judicieux rappel qu’il n’y a rien comme s’assumer pleinement. Pu de faux-semblant. On ne vous vend rien, on vous dit qui on est.
Un challenge qui vous tente ?
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1 week ago
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