Sous pression en raison de l’inflation alimentaire, les consommateurs canadiens modifient de plus en plus leurs habitudes lorsque vient le temps de faire leur épicerie, révèle une nouvelle étude du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.
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Le choix des aliments et les méthodes de paiement sont en pleine transformation, révèle le rapport de l’étude publié mardi.
Dans cet index des sentiments alimentaires, on constate notamment que l’attitude des consommateurs face à l’inflation alimentaire a considérablement changé.
« Il y a deux ans, c’était la panique, mais là, on est rendu ailleurs, on a passé de la panique à l’adaptation. Donc on accepte un peu notre destin alimentaire finalement », a expliqué le directeur scientifique du laboratoire, Sylvain Charlebois, en entrevue à LCN.
Le prix des aliments demeure celui qui a le plus augmenté, estiment 80 % des répondants sondés ce printemps.
L’une des méthodes employées par plusieurs consommateurs pour s’adapter à cette situation est de changer leur diète.
Depuis l’automne 2024, le taux d’adultes canadiens se décrivant comme des omnivores est passé de 67,6 % à 55 %. Au cours de la même période, le nombre de flexitariens – qui mangent principalement des produits à base de plantes, tout en incluant à l’occasion de la viande ou du poisson – a plus que doublé, passant de 4,6 % à 9,4 %.
« Les gens réduisent leur consommation de viande pour sauver de l’argent un peu », explique Sylvain Charlebois.
Le prix le plus bas avant tout
L’abordabilité est plus que jamais le critère le plus important lorsque vient le temps de choisir les aliments qu’on met dans son panier.
Après avoir chuté de 45,1 % à 42,3 % au printemps 2025, le prix est remonté à 45,5 % dans l’échelle de priorité des consommateurs.
En comparaison, la valeur nutritive d’un aliment, qui était la priorité de 28,8 % des clients à l’épicerie l’automne dernier, est maintenant considérée en premier lieu par 24,9 % des gens.
L’importance du goût demeure stable ; celle-ci est passée de 16 % à 15,6 % en 18 mois.
« À l’automne, lors de notre dernier indice, on avait remarqué qu’il y avait eu un rapprochement entre nutrition et abordabilité, mais là il y a eu un recul au printemps, les gens recommencent justement à regarder plus les prix », indique le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
« On le voit au Québec, il y a eu plusieurs conversions de magasins à rabais, les gens poursuivent leur chasse aux aubaines de façon très agressive », ajoute-t-il.
Manger à crédit
De plus en plus de consommateurs payent leur facture d’épicerie avec leur carte de crédit, révèle également l’étude.
34 % d’entre eux affirment avoir eu recours à leurs économies ou à l’emprunt pour acheter de la nourriture au cours de la dernière année.
Ce chiffre était pourtant passé de 34 % à 28 % entre 2024 et 2025.
« C’est vraiment alarmant, c’est 34 %, un tiers des consommateurs au Canada qui utilisent l’argent qu’ils n’ont pas pour dépenser pour acheter de la nourriture. C’est incroyable », considère Sylvain Charlebois.
« On est au même niveau qu’il y a deux ans, donc il y a eu encore un recul. Donc on voit vraiment qu’au printemps, ce n’est pas facile, puis malheureusement, avec ce qui se passe en Iran, on s’attend justement à une hausse du taux d’inflation dans les prochains mois », clame l’expert.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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