Nos détaillants bientôt plongés dans «l’adversité quotidienne»... et pas seulement à cause de la guerre commerciale

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Les prochaines semaines s’annoncent difficiles pour les détaillants québécois, et ce n’est pas seulement en raison de la guerre commerciale avec les États-Unis.

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L’entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens donne assurément des sueurs froides à plusieurs commerçants, soutient Michel Rochette, président de la section Québec du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD).

« Un des défis qu’on a présentement c’est de vérifier ce qu’on a en inventaire. Évidemment, ce n’est pas le 8, mardi, que les produits sur les étagères seront affectés, ce sont les futurs produits qui vont être acquis après cette date-là. Donc, il faut présentement refaire un peu en quelque sorte ces chaînes d’approvisionnement, savoir ce qu’on devra peut-être modifier, ce qu’on pourra continuer à commander ou non », a-t-il expliqué en entrevue à LCN.

« Il faut vivre maintenant dans l’adversité quotidienne en n’ayant aucune idée de ce qui va arriver dans quelques jours à peine », a-t-il ajouté.

L’arrivée des droits de douane canadiens sur plusieurs produits américains aura inévitablement un impact sur les prix.

« Une des décisions qu’on devra prendre, c’est comment gérer les marges, parce que les marges ne sont pas très élevées dans le monde du détail. Donc si on reflète tout dans les prix, on perd des ventes et sinon on perd en rentabilité [...] Alors tout ça demande beaucoup de judo présentement et ce n’est pas simple pour personne », indique M. Rochette.

Le manque de prévisibilité demeure l’un des éléments qui fait le plus mal aux commerces de détail, ajoute-t-il.

Michel Rochette, président pour le Québec du Conseil canadien du commerce de détail

Photo fournie par le Conseil canadien du commerce de détail 

Michel Rochette, président pour le Québec du Conseil canadien du commerce de détail

Garantie prolongée

Par ailleurs, les commerçants québécois seront frappés plus durement que ceux du reste du Canada, estime le président québécois du CCCD.

« Le Québec, en plus de la crise américaine, doit vivre dans le cas des électroménagers avec une décision québécoise qui va frapper à partir du mois d’octobre. Ce sont les fameux plans de garantie prolongée forcée qui vont être obligatoires sur tous les produits et pour lesquels les manufacturiers ont déjà annoncé des hausses importantes de coûts pour vendre aux détaillants », souligne Michel Rochette.

« Pour les détaillants québécois, ce n’est pas du tout une belle période qui commence à partir de maintenant », ajoute-t-il.

Le CCCD accuse le gouvernement d’avoir imposé une politique de garantie prolongée forcée sans avoir effectué d’analyse d’impact.

« Le gouvernement n’a agi avec aucune donnée, donc en ne sachant pas combien coûterait l’impact. Les consommateurs et les détaillants vont devoir payer plus cher », déplore M. Rochette.

Ce dernier espère voir Québec reculer sur cette annonce, en la repoussant d’un an le temps d’effectuer une analyse d’impact et de s’assurer qu’il n’y a pas de meilleures solutions.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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