«Mon fils pleure tous les jours»: la femme d’un émondeur passionné mort en plein travail peine à comprendre l’accident

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Une jeune veuve souhaite comprendre ce qui a pu arriver à son mari émondeur d’expérience réputé pour son respect des normes de sécurité qui laisse dans le deuil deux enfants inconsolables en pleine rentrée scolaire.

« À l’hôpital, j’ai eu un black-out. J’ai essayé de le réveiller pour qu’il revienne, mais finalement, ça n’a pas marché », laisse tomber Megan Legault, anéantie.

Le 25 août, son mari, Tomy Durand, tallait des branches d’arbre pour dégager les fils électriques des résidences du quartier Ahuntsic à Montréal, comme il l’a fait un millier de fois en une dizaine d’années d’expérience.

La victime, Tomy Durand, poisson à la main, lors d'un de ses voyages de pêche.

La victime, Tomy Durand, poisson à la main, lors d'un de ses voyages de pêche. Photo fournie par la famille

Vers 10 h 20, juché en hauteur dans une nacelle, l’homme de 27 ans a été électrocuté pour une raison inconnue.

Un travailleur est mort électrocuté durant des travaux d’émondage sur la rue Francis, près de l’intersection de la rue Prieur, dans le quartier Ahuntsic, à Montréal, le mardi 25 août 2026.

Un travailleur est mort électrocuté durant des travaux d’émondage sur la rue Francis, près de l’intersection de la rue Prieur, dans le quartier Ahuntsic, à Montréal, le mardi 25 août 2026. Photo Agence QMI, Maxime Deland

« C’était sa passion »

Quelques minutes plus tard, Mme Legault, informée de l’accident, prend la route vers la métropole à près de deux heures de la demeure familiale.

Rien n’aurait pu préparer Mme Legault au décès de « sa personne », qui est chef d’équipe et qui vient d’une famille d’émondeurs.

« À la maison, il m’expliquait tout ce qu’il avait vu. C’était sa passion », lâche-t-elle en estimant qu’il respectait les mesures de sécurité.

Megan Legault et Tomy Durand, en couple depuis plus de dix ans, sur le sofa quelques semaines avant le tragique accident qui a coûté la vie du père de famille et émondeur en plein quart de travai.

Megan Legault et Tomy Durand, en couple depuis plus de dix ans, sur le sofa quelques semaines avant le tragique accident qui a coûté la vie du père de famille et émondeur en plein quart de travai. Photo fournie par la famille

À l’hôpital, le choc fut tel qu’elle est restée six heures dans sa chambre d’hospitalisation. « J’ai eu le droit de lui donner des derniers câlins, des derniers bisous, de lui parler », dit-elle.

Une première rentrée

Sur place, la travailleuse sociale lui a remis des empreintes de la main de son mari à remettre en souvenir à ses deux enfants, âgés de 2 et 5 ans, qui peinent à vivre avec cette absence soudaine.

« Ma fille, elle a des périodes où elle s’ennuie de papa. Elle pleure et elle a besoin de se coller. Mon fils, lui, pleure tous les jours. Moi, je pleure tous les jours », ajoute celle qui est en couple avec M. Durand depuis ses 17 ans.

Tomy Durand et ses deux enfants, Elena et Arthur, devant les photos familiales de mariage en mai 2026.

Tomy Durand et ses deux enfants, Elena et Arthur, devant les photos familiales de mariage en mai 2026. Photo fournie par la famille

Mardi, exactement une semaine après l’accident, son fils a entamé sa première rentrée scolaire sans son père, avec qui il avait tant parlé de cette première journée en maternelle. Une étape difficile, qui s’est quand même bien déroulée, pour celui qui a eu un papa présent, estime Mme Legault.

Enjoué, drôle et présent

« Tomy était enjoué, drôle. Il savait comment faire rire les enfants. Ils les taquinaient, les chatouillaient, se bagarraient avec eux. [...] Quand il était brûlé d’une journée, ça ne paraissait pas », se rappelle, Mme Legault, émue par la création de la campagne Gofundme pour soutenir la famille.

Tomy Durand et sa petite fille de deux ans, Elena, dans leur salon en septembre 2025, près d'un an avant le tragique accident de travail qui a coûté la vie du père de famille.

Tomy Durand et sa petite fille de deux ans, Elena, dans leur salon en septembre 2025, près d'un an avant le tragique accident de travail qui a coûté la vie du père de famille. Photo fournie par la famille

Aucun jour ne passe sans qu’elle observe des vidéos et des photos de son mari, qui lui rappellent toutes les petites et grandes étapes de leur vie. 

« Il lui restait beaucoup à vivre, mais il a vécu. Dans les dernières années, on a acheté notre maison, notre chien, on s’est mariés, on a eu des enfants, on est allés à Disney, on en avait fait des affaires », se remémore celle qui se console de pouvoir montrer ces vidéos et photos à ses enfants qui se rappelleront ainsi leur père.

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