Des Québécois se tournent vers le bœuf australien au rabais pour réduire leur facture d’épicerie, au moment où les producteurs d’ici luttent pour garder leur place dans nos paniers.
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« Il est sûrement bon. Il est moins cher en plus », lance Georges Comeau, un enseignant à la retraite rencontré jeudi dans un Provigo près de Montréal, en montrant une barquette de trois morceaux de bifteck de contre-filet de bœuf australien vendu à 10,88 $ la livre.
« Je vais y goûter et, si je l’aime, je vais l’adopter », ajoute-t-il.
Dans ce supermarché, l’affiche « Économisez 31 % » sur le présentoir réfrigéré attirait les regards.
Comme Georges Comeau, plusieurs ajoutaient un paquet dans leur panier, attirés avant tout par l’aubaine.
« C’est assez nouveau. Il y a de plus en plus de bœuf importé sur les tablettes », observe Sylvain Charlebois, directeur scientifique du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.
Les ventes de bœuf ont reculé de 4 % au cours des trois derniers mois, mais la pression sur les prix pourrait s’accentuer, selon lui.
« Trump veut acheter plus de bœuf du Brésil pour réduire les prix aux États-Unis, ce qui risque de finir par faire augmenter les prix ici », explique Sylvain Charlebois.
« La concurrence dans le bœuf va s’intensifier, analyse-t-il. Les clients se tiennent loin des produits américains. Il y aura bientôt de la viande d’Amérique du Sud ».
« Ça ne fait aucun sens »
Pour Giacomo Zoia, copropriétaire de la Ferme des patriotes, de Saint-Jean-sur-Richelieu, l’arrivée du bœuf australien réduira les prix dans son industrie.
« En Amérique du Nord, le Canada est un très gros producteur de bœuf. On en produit plus que notre consommation interne. Et on en importe quand même. Ça ne fait aucun sens », illustre-t-il.
À Sainte-Sophie, Kirk Jackson, représentant du Québec au conseil d’administration de l’Association canadienne des bovins, aimerait que le Québec soutienne aussi bien ce secteur que ne le fait l’Ontario.
« L’irritant, c’est que l’on a besoin d’un accompagnement équitable comme les autres provinces pour produire. Ce n’est pas le fait que le bœuf australien soit sur les tablettes. On ne peut pas le produire. On n’est pas capable. On n’a pas le volume », souligne-t-il. Il aimerait que le Québec soutienne son secteur autant que l’Ontario.
Il craint aussi que le consommateur déçu par le goût du bœuf australien passe au porc au lieu d’acheter du bœuf canadien.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Australie, Nouvelle-Zélande, Mexique
Loblaw, société mère de Provigo, soutient qu’au Québec, la très grande majorité du bœuf vient d’ici, notamment de la Famille Fontaine.
« Nous travaillons également avec certains fournisseurs internationaux, notamment en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Mexique, afin de compléter notre approvisionnement canadien et de continuer à offrir à nos clients la qualité, le choix et la valeur auxquels ils s’attendent », assure sa porte-parole Geneviève Poirier.
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6 days ago
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