Mellissa Fung raconte comment Louise Penny l'a convaincue d'écrire son premier roman de fiction

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Juste avant que l’été ne se termine, voici un thriller écrit à quatre mains... pour multiplier notre plaisir !

Ce n’est pas la première fois que Louise Penny conjugue son talent à celui d’une autre autrice. Rappelez-vous. En 2021, elle avait cosigné avec l’ancienne candidate à la présidence américaine Hillary Rodham Clinton État de terreur, un thriller géopolitique qui a remporté un immense succès.

Cette année, elle a plutôt choisi de s’associer à la journaliste canadienne Mellissa Fung pour nous offrir Les derniers mandarins, un suspense où s’entrecroisent rivalités entre la Chine et les États-Unis, espionnage et relations mère-fille.

« C’est Louise qui m’a proposé d’écrire un livre avec elle, raconte Mellissa Fung. À l’époque, je travaillais sur plusieurs propositions de reportages liées à la Chine et un jour, elle m’a lancé : “Tu devrais écrire un roman là-dessus.” Je lui ai répondu que je n’étais pas une spécialiste de la Chine, mais surtout, que je ne savais absolument pas écrire de fiction. Elle a éclaté de rire avant de dire : “Dans ce cas, on va l’écrire ensemble.” C’est comme ça que tout a commencé. »

« Évidemment, il y avait un risque, poursuit Mellissa Fung. Écrire à deux peut mettre une amitié à l’épreuve lorsqu’on est en désaccord. Heureusement, cela ne nous est jamais arrivé. »

Apprendre à se connaître

Difficile d’imaginer deux femmes plus différentes qu’Alice Li et sa mère, Vivien. Blogueuse culinaire, la première évite autant que possible cette ancienne dissidente de la place Tiananmen devenue une célèbre militante des droits de la personne après avoir fui la Chine. Pourtant, le jour où les systèmes d’alarme du monde entier se mettent tous à hurler en même temps, elles vont être appelées ensemble... à la Maison-Blanche ! En unissant leurs forces, elles pourraient bien empêcher qu’une telle catastrophe ne se reproduise.

« On voulait explorer une relation mère-fille complexe, explique Mellissa Fung. Au début du roman, Alice a constamment l’impression de décevoir sa mère et finit même par croire qu’elle n’est pas à la hauteur. Mais lorsqu’elles sont plongées dans une situation de crise, tout change. Elles n’ont plus d’autre choix que de collaborer et d’apprendre à se voir telles qu’elles sont réellement. C’est exactement le même parallèle qu’on a voulu établir avec les États-Unis et la Chine : deux parties qui se méfient l’une de l’autre, mais qui doivent malgré tout trouver un terrain d’entente. »

Deux plumes, deux écoles

Parlant de terrain d’entente... Louise Penny et Mellissa Fung ont elles aussi dû apprendre à conjuguer leurs différences. L’une est une reine du polar. L’autre, une journaliste habituée à raconter le réel avec le plus de précision possible. Deux approches, deux façons de raconter une histoire.

« J’ai eu l’impression de suivre une véritable classe de maître avec Louise, confie Mellissa Fung. J’étais l’élève. Elle m’a énormément appris sur la construction des personnages et celle du récit. »

Sans oublier le rythme, qui est essentiel. « Quand on écrit un thriller, les scènes dramatiques ne peuvent pas s’enchaîner sans pause, ajoute Mellissa Fung. Louise possède un sens de l’humour extraordinaire et sait instinctivement quand le lecteur a besoin d’une respiration. Moi, je ne l’aurais pas forcément vu. »

Photo fournie par les Éditions Flammarion Québec

Les derniers mandarins
Louise Penny et Mellissa Fung
Éditions Flammarion Québec
474 pages

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