Une pharmaceutique qui s’était tournée vers les tribunaux pour forcer Québec à rembourser son médicament pour une rare maladie de l’œsophage vient d’être déboutée.
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L’entreprise Avir Pharma souhaitait que le médicament Jorveza, un comprimé qui fond sous la langue, puisse soulager les patients atteints d’œsophagite à éosinophiles.
Il s’agit d’une rare maladie inflammatoire touchant environ 3500 Québécois, pour qui avaler est extrêmement douloureux. Le Jorveza est le seul traitement reconnu par Santé Canada.
« Je suis déçu [...] C’est la preuve que le gouvernement n’a pas l’intention de nous aider », se désole Mathias Auger, un étudiant en littérature atteint de cette maladie.
Ce dernier s’estime chanceux d’avoir accès à un autre coûteux traitement, normalement prescrit contre l’eczéma, grâce aux assurances de ses parents. Ce n’est pas à la portée de tous les malades, et il déplore qu’ils doivent débourser de leurs poches des sommes importantes pour se soigner ou prendre les soins de remplacement payés par Québec, même s’ils sont moins efficaces.
Actuellement, le gouvernement rembourse des traitements à base de cortisone pour soulager les symptômes des personnes atteintes d’œsophagite à éosinophiles.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Rien de « déraisonnable »
Le médicament avait été recommandé par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), mais sous réserve que le prix soit réduit. Sur trois ans, le remboursement de ce médicament aurait coûté environ 900 000 $ à la RAMQ.
Or, les négociations avec l’Alliance pharmaceutique pancanadienne (APP) pour convenir d’un prix pour toutes les provinces sont restées dans l’impasse.
Québec a ainsi boudé le médicament, au grand dam d’Avir Pharma, qui voulait le voir être ajouté au sein du régime public d’assurance médicaments.
Selon le juge Mark Phillips, cette décision n’avait rien de « déraisonnable ». Il rejette en bloc tous les arguments présentés par Avir Pharma et écrit que le régime public doit offrir « un accès raisonnable et équitable aux médicaments requis par l’état de santé des personnes, mais dans un contexte de ressources qui ne sont pas illimitées ».
Comme un fusil
Devant le tribunal, le procureur général du Québec avait comparé la démarche judiciaire d’Avir Pharma à un « fusil sur la tempe » du ministre pour que son médicament soit ajouté.
Pour sa part, Avir Pharma faisait valoir qu’elle vient en aide à des patients vulnérables oubliés par les grandes pharmaceutiques, en commercialisant des traitements nichés. Elle indiquait que le coût de 3500 $ par an pour chaque patient était le même qu’en Europe.
La pharmaceutique n’a pas rappelé Le Journal.
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1 week ago
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