Le syndrome des ovaires polykystiques a changé de nom afin de mieux refléter ses réels impacts sur la santé des femmes et éviter la confusion quant à sa possible cause.
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« C’est assez rare qu’une maladie change de nom. Celle-ci avait le même depuis les années 1930 », explique le Dr Roland Antaki qui est chef du service de médecine et biologie de la reproduction et gynécologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).
On doit désormais parler de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien, une manière de mettre en lumière le caractère hormonal de la maladie. Cela évite également de mauvais diagnostiques en l’absence de ces fameux kystes ovariens.
« Les kystes, c’est quelque chose de différent. Ce sont des tumeurs qui peuvent être bénignes ou malines et ça n’a aucun lien avec ce syndrome-là. Pour bien des patientes et pour des professionnels de la santé, ça devenait mélangeant », selon le Dr Antaki.
La démarche pour renommer la maladie, pilotée par une université de Melbourne, en Australie, a duré plus d’une dizaine d’années et a impliqué un coup de sonde auprès de 10 000 personnes dont 3000 professionnels de la santé.
« Il y a eu plusieurs associations d’impliquées là-dedans parce que ça touche autant les gynécologues, les endocrinologues et d’autres spécialités médicales. C’était très délicat car il fallait arriver avec quelque chose qui serait accepté un peu partout dans le monde », ajoute-t-il.
Favoriser la recherche
La revue médicale britannique The Lancet a officialisé la nouvelle appellation le 12 mai dernier. Pour le Dr Antaki, ce changement de nom ne peut être que bénéfique, notamment pour la recherche entourant cette maladie encore méconnue.
« Ce n’est plus juste un problème de cycles [menstruels], c’est un problème de santé générale : il y a des problèmes de fertilité, un risque augmenté de cancer de l’utérus, des problèmes d’hypertension et de maladies cardiaques. C’est vraiment quelque chose de très gros », énumère-t-il.
Selon lui, il faudra encore attendre une dizaine d’années avant que le nouveau nom soit plus largement adopté au sein de la population et des organisations médicales.
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