Les vieux de la vieille: après 70 ans, la Quincaillerie Dante prépare sa succession

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Depuis 1956, la famille Vendittelli fait partie du décor de la Petite Italie avec sa quincaillerie. Comment ont-ils fait pour traverser la récession des années 90, l’arrivée des chaînes comme Home Depot et ensuite celle du commerce en ligne ?

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Montréal compte une foule de commerces qui ont su résister au temps malgré les fluctuations économiques et qui s’élèvent au rang d’institution. 24 heures parcourt la métropole pour révéler le secret de longévité de ces vieux de la vieille.

« Les Québécois nous ont beaucoup encouragés », répète souvent Elena Faita, copropriétaire de la Quincaillerie Dante avec son frère Rudy Vendittelli. Elle s’occupe du département de la cuisine, lui de celui de la chasse.

Depuis 70 ans, la famille originaire de San Vittore del Lazio, près de Rome, tient avec passion ce magasin au coin des rues Dante et Saint-Dominique.

« On était la première quincaillerie italienne à Montréal », explique celle qui sert toujours ses clients en jonglant entre le français, l’anglais et l’italien.

Dans les années 50 et 60, des clients pouvaient gagner une machine à écrire Olivetti grâce à un tirage au sort durant le temps des Fêtes.

Courtoisie 

Dans les années 50 et 60, des clients pouvaient gagner une machine à écrire Olivetti grâce à un tirage au sort durant le temps des Fêtes.

La quincaillerie a été ouverte par son oncle en 1954 puis reprise par son père Luigi et ses deux grands frères, Antonio et Giuseppe, en 1956.

« Les vingt premières années, on servait surtout les immigrants italiens qui travaillaient dans la construction et vivaient dans le quartier », se rappelle-t-elle.

« Aujourd’hui, 99 % de notre clientèle, c’est des Québécois. »

Le secret de leur succès

Le secret, selon la copropriétaire, ce sont « les bons prix et le service ». Mais pour continuer à les offrir, la famille a dû faire des sacrifices. « On a coupé nos profits pour rester en vie et on n’a jamais vécu comme des rois. »

Ils ont aussi dû s’adapter à la concurrence en laissant de côté la peinture et les marteaux quand les grands quincailliers comme Home Depot sont apparus.

La Quincaillerie Dante, à Montréal, le 28 mai 2026.

Photo Axel Tardieu 

La Quincaillerie Dante, à Montréal, le 28 mai 2026.

Le commerce a aussi fait des bons coups, notamment grâce à Cristina, sa fille. 

« Elle a étudié le marketing à l’université et m’a convaincue d’ouvrir une école de cuisine en 1994. Je croyais qu’elle était folle, mais ça a bien marché. »

Plus de 35 000 personnes ont découvert les secrets de la cuisine d’Elena. Autant de clients qui sont ensuite passés par le magasin pour acheter les outils montrés pendant le cours.

Ce n’est donc pas un hasard si les deux produits phares sont les machines à pâtes et les presse-tomates.

Diane, une fidèle cliente, fait souvent le déplacement depuis Laval. 

« J’ai suivi les cours de saucisses, pâtes et sauce tomate. On y apprend des bons trucs. On vient au magasin pour trouver de la qualité et avoir de l’information. Elena, c’est une perle », dit-elle.

Des produits en vente dans la Quincaillerie Dante, à Montréal, le 29 mai 2026.

Photo Axel Tardieu 

Des produits en vente dans la Quincaillerie Dante, à Montréal, le 29 mai 2026.

Qui reprendra la business ?

Cette institution de la Petite Italie traverse le temps, mais fera bientôt face à un nouveau défi : la succession.

« C’est très difficile de laisser aller un petit commerce de famille. C’est petit, mais en même temps, c’est grand », avoue Elena Faita.

« Mon frère Rudy n’a pas d’enfants. Mes enfants ont réussi à faire autre chose. »

Sa fille Cristina, coach d’affaires et de langues, vit en Italie depuis près de 30 ans. Son fils, Stefano, a créé un petit empire culinaire avec ses produits vendus en épicerie et ses quatre restaurants montréalais.

Mais alors, qui reprendra le commerce ? 

« On ne sait pas encore. Ça m’inquiète. C’est une grande décision, mais, on a quelqu’un en tête », avoue Elena.

Elle compte arrêter de donner des cours d’ici un an. 

Et la vente en magasin ? « Le jour où je me sentirai trop fatiguée, je prendrai ma retraite. Pour l’instant, j’ai encore la passion. »

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