Les vieux chums

2 weeks ago 7

Le langage ne dit pas toujours tout. 

Par exemple, un fils qui perd ses parents est un orphelin. Mais des parents qui perdent leur fils, il n’y a pas de mot pour ça.

De même, un homme qui perd sa femme est un veuf. Mais un homme qui perd son meilleur ami, c’est quoi ?

Aucun mot n’existe pour décrire cette perte.

Le dictionnaire est plein de trous comme ça.

C’est la réflexion que je me faisais en regardant Michel Bergeron pleurer aux funérailles de Rodger Brulotte, samedi.

Le tigre terrassé

Michel était l’un des porteurs du cercueil.

À l’entrée dans l’église, et à la sortie, Michel sanglotait à chaudes larmes.

C’était crève-cœur de le voir.

À côté du journaliste sportif Jean-Nicolas Blanchet, qui portait aussi le cercueil, Michel Bergeron semblait tout menu, tout fragile.

Pas facile de dire adieu à un ami qui a partagé 64 ans de ta vie.

« Michel jouait au golf tous les jours avec Rodger, m’a dit Michèle, la femme du Tigre. Tous les jours. Et l’autre jour, il m’a dit : “Juste comme je prends ma retraite, Rodger s’en va. Avec qui je vais passer mes journées, maintenant ?” »

Roch Voisine a beau avoir chanté I’ll Always Be There à la cérémonie religieuse, Rodger ne sera plus avec son vieux pote.

Dans son cœur, bien sûr.

Mais pas sur le terrain. Ni au bout du fil.

On regardait Michel marcher à petits pas dans l’église, écrasé sous la peine et les souvenirs, et on avait tous le cœur serré.

« Un beau party »

Dans Les nouveaux monstres, un film à sketchs italien sorti en 1977, des humoristes vont enterrer l’un des leurs au cimetière.

Au début, ils pleurent.

Ils ont de la difficulté à parler, tellement l’émotion les étreint.

Mais l’un des humoristes sort un vieux gag, un deuxième raconte une anecdote, un troisième se rappelle un incident rigolo, et à la fin, ils sont tous en train de rire et de chanter autour de la fosse.

C’était comme ça samedi.

« Je ne veux pas que ça soit triste, a dit Rodger à sa belle Pascale lorsqu’il préparait ses funérailles à l’hôpital. Organise un party. Avec des chansons, des hot-dogs, des frites ! »

C’est ce que Pascale a fait.

On a chanté My Way, la chanson préférée de Rodger, on a mangé des roteux de Chez Matante et des smoked meats de chez Schwartz’s, et quand Michel Bergeron est monté sur la scène aménagée dans l’immense salle de réception du terrain de golf Le Mirage, le Tigre était de retour, plus flamboyant — et plus truculent — que jamais.

On continuait de pleurer, mais aussi de rire, cette fois-ci.

« Je ne veux pas vous retenir, mais... »

Et Bergie racontait une histoire encore plus pissante que la précédente.

C’est bien simple, si les serveurs n’avaient pas commencé à servir le lunch, il serait encore au micro à nous faire hurler de rire avec ses anecdotes sur Rodger.

Voir un ami pleurer

C’est ça, un ami.

Pas un inconnu qui t’envoie des likes sur Facebook.

Mais un gars qui t’a vu grandir, vieillir, tomber et te relever.

Qui pourra se targuer d’avoir des amis comme ça plus tard ?

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