Bien que la sortie du chef du SPVM, Fady Dagher, soit appréciée par plusieurs citoyens et groupes qui militent pour un changement de culture au sein du service de police, ceux-ci réclament davantage de transparence et des actions concrètes pour rétablir la confiance envers les autorités.
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M. Dagher a répondu mardi soir aux questions du public pour la première fois depuis les révélations choquantes sur des gestes violents et racistes qui auraient été commis par plusieurs agents du poste de quartier 39 à Montréal-Nord.
« On n’a pas encore les réponses », a déclaré Beverley Jacques, cofondateur et directeur adjoint de la Coalition Pozé, en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal, mercredi.
La Coalition Pozé travaille depuis 2021 auprès des jeunes afro-américains du nord et de l’est de Montréal.
« On n’aime pas comment ça se passe, on n’aime pas ce qui se passe, on n’aime pas le temps que ça prend, on n’aime pas les conséquences qu’on n’a pas. Donc il y a beaucoup de frustration, il y a beaucoup d’insécurité, il y a beaucoup de questionnements, il y a tellement de choses que la population veut parce que c’est des histoires qui continuent de se répéter », a-t-il ajouté.
En plus d’en savoir plus sur les policiers fautifs et les sanctions qui pourraient être imposées, les communautés immigrantes montréalaises souhaitent voir le SPVM leur tendre la main.
« La différence entre la communauté d’accueil et les communautés immigrantes, c’est que la communauté d’accueil sait que la police travaille pour elle, tandis que les communautés immigrantes, ne comprennent peut-être pas encore ça, dans le sens que dès qu’un policier nous interpelle ou nous questionne, on est toujours en mode plus défense », explique M. Jacques.
« On va hésiter, on va avoir plus une tendance à se dire : “Je ne suis pas convaincu que, si je les appelle, c’est moi qu’ils vont venir aider“. J’ai tellement eu de dossiers comme ça avec des gens qui se disent : ”J’appelle la police, mais en fin de compte, c’est moi qui a eu des problèmes” [...] Vous pensez qu’on veut appeler la police pour régler nos problèmes ? On va peut-être appeler un avocat avant »», ajoute-t-il.
Des policiers mieux formés
Les policiers doivent être mieux outillés pour intervenir auprès des différents groupes culturels, estime Beverley Jacques.
« Tu ne peux pas venir en cowboy puis arracher des cheveux, tu ne peux pas venir en cowboy puis faire des menaces, tu ne peux pas venir en cowboy puis te montrer et dire : “C’est moi le gros chef ici”. Ça ne marche pas [...] On veut collaborer avec vous, mais on ne pas vous faire confiance si vous agissez comme ça avec nous », martèle-t-il.
De tels comportements constituent davantage de la répression qu’une réelle aide, estime le cofondateur et directeur adjoint de la Coalition Pozé.
« Moi, je veux que mes enfants marchent dans la rue en sécurité. Moi je veux que les jeunes qui sont dans la communauté marchent en sécurité. Je veux que les familles qui sont dans les quartiers soient en sécurité », réclame-t-il.
« La première fois qu’on a pointé un fusil sur moi, c’était la police. [...] Ce n’est pas normal ça. Ce n’est pas ça qu’on veut. Il n’y a aucun parent qui veut ça pour son enfant », ajoute M. Jacques.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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