Les manifestations en France, une occasion en or pour l’extrême droite

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Les émeutes qui ont éclaté dans plusieurs villes françaises lors des manifestations des lycéens samedi ont été attribuées à « l’ultragauche » par les services de renseignements. Le Rassemblement national (RN), principal parti d’extrême droite, s’est emparé de la situation pour propager des discours xénophobes, mettant ainsi la table en vue des élections générales qui se tiendront dans moins de six mois en France.

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Des mairies attaquées, des bâtiments gouvernementaux saccagés, de violentes confrontations avec les forces de l’ordre et plus de 1500 commerces endommagés ou pillés à travers le pays : les émeutes du 17 octobre ont relégué en arrière-plan les revendications des lycéens considérés comme légitimes par 55 % de la population.

Les services de renseignement français ont attribué mercredi les dégâts à des « groupuscules violents radicaux » associés à l’extrême gauche.

Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN) qui était récemment dans la tourmente après la divulgation de ses positions antisémites, n’a toutefois pas hésité à rejeter la responsabilité sur ses opposants politiques.

« Nous payons le prix de décennies de laxisme face à la criminalité, de faiblesse de l’autorité, de désarmement moral, psychologique et matériel de nos forces de sécurité intérieure », a-t-il déclaré après être sorti d’un poste de police du centre de Paris où il s’est rendu pour « soutenir les policiers » dimanche.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella.

AFP 

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella.

Il a ensuite indiqué que le rétablissement de la sécurité du pays passerait le vote des « citoyens honnêtes » en faveur de son parti à la prochaine élection présidentielle qui se déroulera le 18 avril.

Le scrutin marquera un changement de garde dans le pays, alors que le président sortant, Emmanuel Macron, arrive à la fin de son deuxième et dernier mandat.

Une occasion à saisir pour Marine Le Pen

La future candidate du RN à la présidentielle d’avril 2027, Marine Le Pen, a profité du chaos pour se positionner comme la gardienne de la loi et l’ordre.

Elle a critiqué la gestion policière du gouvernement actuel en plus d’attribuer les troubles de la fin de semaine à une « stratégie incendiaire » mise en place par La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Melanchon, classé à l’extrême gauche du spectre politique.

« Notre pays est pris en étau, voire en otage, entre la violence et l’impuissance. D’un côté, les forces de destruction qui banalisent la violence, encouragent l’affrontement. C’est courant avec sa branche politique LFI et sa branche armée, les groupes antifas, qui se réfèrent de manière absurde aux révolutions sanglantes sud-américaines, ou, plus grave, aux conflits du Moyen-Orient, pourraient faire croire que la violence serait devenue un moyen légitime d’expression politique et une solution aux problèmes des Français », a-t-elle allégué tout en ciblant au passage les « délinquants issus des banlieues ».

Les services de renseignements ont pourtant indiqué que la formation de gauche ne pouvait pas être tenue responsable des violents débordements.

« Dans six mois, le peuple français sera en mesure de choisir une voie différente : celle du rétablissement de l’autorité et de la sécurité », a-t-elle néanmoins martelé.

Mme Le Pen tente ainsi de diviser la France en deux : les centres-villes des étudiants « wokes », des immigrants et des casseurs contre la « bonne France » des campagnes plus tranquilles, qui constitue l’essentielle de sa base électorale, a rappelé au New York Times Vincent Martigny, professeur de sciences politiques à l’Université de Nice Côte d’Azur.

Les politiciens internationaux de droites ciblent l’immigration

Plusieurs dirigeants internationaux, Donald Trump en tête, ont profité des violences qui secouent la France pour rejeter la faute sur les immigrants et marteler leur discours anti-immigration.

« La France brûle ! L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes qui ont la haine au cœur, a brisé ce pays autrefois grand », a lancé dimanche le locataire de la Maison-Blanche avant d’enjoindre les dirigeants à prendre des mesures pour éviter qu’une situation semblable ne se produise chez eux.

« Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard ! », a-t-il encouragé.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a de son côté indiqué que la France avait « cédé à l’invasion de l’islam extrémiste », tout comme le chef du parti d’extrême droite espagnol Vox, Santiago Abascal.

— Avec les informations de l’AFP, France Info, France 24 et du New York Times

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