La vague de chaleur qui frappe l’Europe avec son cortège de pollution crée un dangereux bouchon dans les hôpitaux.
Des médecins en Grande-Bretagne et en France ont prévenu que les hôpitaux peinaient à faire face à la chaleur et à l’afflux d’appels d’urgence.
Le Royaume-Uni a battu vendredi son record de chaleur pour un mois de juin pour la troisième journée consécutive, avec 36,9°C.
« J’ai juste envie de plonger mon visage dans un seau de glace ! », lance Will Evans, 37 ans, propriétaire d’un stand de street food sur le marché de Whitecross Street, dans le centre de Londres.
Les autorités ont fait état de centaines de morts en Espagne et de bien d’autres dans le reste de l’Europe, notamment plusieurs enfants laissés dans des voitures surchauffées, comme ce bébé de 18 mois oublié par un de ses parents mardi à Marseille et dont la mort a été annoncée vendredi.
Ce sont maintenant plus de 50 millions d’habitants en Allemagne et plus de 30 millions en France métropolitaine qui vont être accablés par une chaleur à plus de 35°C. Au total, les températures maximales devraient dépasser 30°C pour plus de 420 millions d’habitants en Europe, soit environ sept sur dix.
Signe “sans équivoque” du réchauffement
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a jugé « possible » vendredi que cette vague de chaleur soit un phénomène inédit par son ampleur, même s’il est encore prématuré de l’affirmer.
L’Allemagne, où le record absolu de température a été battu vendredi avec 41,3°C à Sarrebruck (sud-ouest), à la frontière française, est touchée par une chaleur extrême qui va concerner presque toutes les régions du pays jusqu’à la fin de la semaine, indique le Service météorologique national (DWD). Depuis minuit, une alerte rouge est en vigueur pour la première fois dans une grande partie des Pays-Bas, où les autorités déconseillent de prendre la route et où la plupart des écoles ont fermé.
Hôpitaux “à bout de souffle”
Dans les pays déjà affectés par des records de chaleur depuis plusieurs jours à l’instar de la France ou de la Grande-Bretagne, les hôpitaux commencent à être saturés, les cellules de crise sont activées et les décès comptabilisés : des personnes âgées, des malades chroniques, des enfants, des adolescents, des personnes à la rue. La chaleur tue, par noyade, hyperthermie, crise cardiaque.
Le système hospitalier britannique (NHS) est “à bout de souffle“, a constaté la Dr Hilary Williams, vice-présidente du Royal College of Surgeons, qui a fait part de sa ”stupéfaction” devant le niveau de chaleur.
En France, le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, l’un des principaux hôpitaux parisiens, a décrit une situation “extrêmement grave“ avec des “couloirs pleins“ de patients “plutôt âgés", mais aussi de patients "de 50-60 ans", présentant "des hyperthermies très fortes”. Le ministère français de la Santé s’est dit ”préoccupé” par des ”décès à domicile”.
Et les annulations d’événements tombent en cascade : le semi-marathon de Hambourg, le festival de techno hardcore Defqon, la Marche des fiertés et le festival de musique Solidays à Paris, ou encore la reconstitution de la bataille de Waterloo en Belgique.
En Italie, 18 villes parmi lesquelles Rome et Milan sont en alerte rouge, et la canicule n’affecte pas que les humains. Dans le delta du Pô, au nord-est, les lagunes sont en surchauffe.
“Des macroalgues se forment, il y a une forte mortalité de palourdes (...). Si c’était quelque chose qui durait une semaine, on passerait le cap, mais cette chaleur prolongée est en train de causer vraiment de gros problèmes”, déplore Paolo Mancin, président de la coopérative des pêcheurs de la petite ville de Scardovari, les pieds dans l’eau à 31 °C.
Glaciers en perdition
En Suisse, le chef des services de surveillance des glaciers, Matthias Huss, tout juste redescendu d’une inspection sur le Glacier du Rhône, a dit avoir constaté un effet « très impressionnant » de la canicule. « Nous avons constaté une fonte d’environ un mètre en hauteur verticale, donc un mètre de perte de glace en seulement dix jours », a-t-il dit.
L’extension de la vague de chaleur à l’Est se traduit par une alerte rouge en République tchèque pour samedi et dimanche et le record de 40,4 °C à Prague en 2012 devrait être battu.
Le zoo de Varsovie a quant à lui indiqué “mettre à la disposition des animaux des arroseurs, des bassins, des étangs et des bains de boue”.
À Bratislava, outre les piscines ouvertes plus longtemps, la municipalité installe des camions-citernes d’eau potable dans la ville.
La Hongrie voisine se prépare à faire face au niveau d’alerte maximal samedi, avec 38 à 40 °C attendus.
Les Balkans se préparent aussi à la canicule à partir de samedi, l’intégralité de la côte Adriatique croate étant déjà en alerte rouge vendredi.
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