Le «tsunami» de tarifs trumpistes est «un fait divers» pour le PQ, dénonce Fréchette

1 week ago 11

Le Parti Québécois et les autres formations traitent les « tsunamis » de tarifs américains comme un « fait divers », dénonce Christine Fréchette. La cheffe de la CAQ se défend ainsi de vouloir accentuer l’anxiété et la peur auprès de l’électorat au lieu de défendre son bilan.

« Trump nous en envoie déjà des vagues qui commencent à s’apparenter à des tsunamis avec des tarifs de 50 %. Ce n’est pas de l’invention. C’est déjà en œuvre », a plaidé Christine Fréchette.

« C’est important de s’attarder à ces préoccupations et à ces inquiétudes. »

Lors d’un rassemblement au Centre Vidéotron hier soir, le chef du PQ a accusé la cheffe de la CAQ de vouloir « augmenter l’anxiété de la population en brandissant l’épouvantail de Trump », qualifiant son plan de « ballon de plage ».

Christine Fréchette s’est défendue en soutenant qu’elle parlait des préoccupations des gens qu’elle entend sur le terrain.

Elle dénonce d’ailleurs l’absence des tarifs de Trump dans le discours de ses adversaires.

« C’est quand même étonnant. On est dans une situation de guerre économique avec notre plus grand partenaire économique », a-t-elle affirmé.

« Les autres partis politiques, c’est comme si c’était un fait divers. Ce n’est pas un fait divers. C’est crucial, ce qui est en train de se passer là. »

L’incertitude du référendum

À de multiples reprises, la première ministre sortante a réitéré que le Parti Québécois veut organiser un référendum dans le cadre d’un premier mandat, ce qui crée de l’incertitude dans le contexte des négociations avec les États-Unis.

« C’est de l’instabilité, c’est de l’imprévisibilité », a-t-elle affirmé.

Christine Fréchette soutient que la CAQ « crée de la prévisibilité », en énumérant de récentes annonces économiques en partenariat avec Ottawa, notamment les investissements à la Davie, l’entente de principe avec Terre-Neuve-et-Labrador et le contrat obtenu par Alstom à La Pocatière.

Questionnée à savoir si le référendum qui aura lieu en Alberta en octobre prochain sur de multiples questions affaiblissait le Canada et créait de l’incertitude, Mme Fréchette a soutenu qu’il ne s’agissait pas du même type de démarche que celle du PQ, « à [sa] connaissance ».

« Je ne suis pas assez au clair sur l’importance qu’occupent ces groupes pour me prononcer sur cette question-là », a-t-elle dit.

Selon elle, le rapport de force qu’entretient l’Alberta de Danielle Smith avec Ottawa, qui lui a notamment permis d’obtenir des avancées sur le dossier des pipelines, n’a pas de lien avec la démarche référendaire.

« Je pense que l’Alberta a un poids considérable dans l’économie canadienne, particulièrement en matière d’énergie, et que le fédéral tient compte de ça », a-t-elle affirmé.

Cette semaine, le chef du PQ a soutenu qu’un gouvernement péquiste pourrait créer un rapport de force en raison de sa position référendaire.

« Jamais le Québec n’a été aussi fort que lorsqu’il y a un gouvernement du Parti Québécois pour se faire entendre et se faire respecter », a déclaré le chef de la formation souverainiste.

« Déjà inquiets »

La cheffe solidaire Ruba Ghazal a été la première à réagir aux propos de Christine Fréchette, affirmant que les Québécois n’ont pas besoin qu’on leur dise d’être inquiets.

Les gens « sont déjà inquiets en ce moment », a-t-elle signalé, invitant la cheffe de la CAQ à ne « pas détourner toute la campagne électorale et continuer à vouloir parler de Trump ».

Mme Ghazal souligne que les formations politiques comme Québec solidaire ont aussi des solutions pour aider les travailleurs et soutenir les entreprises.

Le péquiste Paul St-Pierre Plamondon a réitéré que Mme Fréchette brandissait l’épouvantail Trump tous les jours par intérêt électoral.

Il a tenu à rassurer la population en affirmant que les entreprises et les travailleurs québécois touchés seront soutenus par le prochain gouvernement du Québec au terme de l’élection.

« Au lieu de tenter d’augmenter l’anxiété et le sentiment d’incertitude de la population, on va rassurer avec des solutions réfléchies et solides », a-t-il dit en vantant son équipe économique.

Le chef conservateur Éric Duhaime a, pour sa part, soutenu que Christine Fréchette parlait trop de Donald Trump afin de faire oublier son bilan.

« Elle essaie d’utiliser Donald Trump pour ne pas parler de son bilan parce que cette élection-ci, elle est à propos de son bilan », a-t-il martelé.

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