Après avoir suscité la controverse la semaine dernière en évoquant la possibilité de l’indépendance du Québec lors d’un balado, le candidat du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Taschereau, Farnell Morisset, assure qu’il est fédéraliste.
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« Je veux être très clair. Moi, je ne veux pas que le Québec quitte la fédération canadienne. Le fait qu’une option existe, le fait qu’une option peut être considérée, ça ne veut pas dire qu’on l’adopte. Je suis un fédéraliste et je n’ai aucune misère à le dire », a déclaré d’emblée le candidat libéral aux ondes de LCN, lundi.
Lors de son passage au balado Génération Oui, Farnell Morisset avait qualifié un départ du Canada de « possibilité démocratique ». Il avait également soutenu que le Québec devait demeurer « maître de sa destinée », rappelant qu’il s’agissait notamment de la vision de l’ex-premier ministre Robert Bourassa à l’époque où il dirigeait le PLQ.
Le candidat soutient toutefois que sa réponse s’inscrivait dans un scénario purement hypothétique et ajoute n’avoir perçu aucune tension au sein de sa formation politique à la suite de ses propos.
« Moi, le malaise, personne ne m’en a parlé [...] C’est sûr qu’il y a eu des discussions différentes, puis il y a de la place pour avoir des discussions, mais je n’ai reçu aucun reproche de la part de qui que ce soit au Parti libéral », a-t-il affirmé.
De son côté, le chef libéral Charles Milliard a rappelé lundi qu’il dirige un parti composé de gens qui croient au Québec au sein du Canada.
« C’est le cas de Farnell, avec qui j’ai discuté plusieurs fois de ça et il est bienvenu dans notre parti. Je suis à l’aise avec sa déclaration, mais pas à l’aise avec l’interprétation que certains en font parce qu’on est dans une joute politique », a-t-il déclaré.
Une approche à adopter
Selon l’analyste politique Philippe Léger, la position exprimée par Farnell Morisset — celle d’un fédéraliste qui demeure néanmoins ouvert, dans un avenir hypothétique, à envisager l’indépendance — devrait être celle de plusieurs fédéralistes.
« Si le Canada change, si le Canada ne nous suffit plus, c’est normal que quelqu’un qui regarde ça, un candidat libéral comme monsieur Morriset se dise “moi je ne suis pas tout à fait à l’aise et on peut revisiter cette position-là” », a-t-il indiqué.
Un levier de négociation
L’analyste estime même que la menace de quitter la fédération canadienne peut constituer une stratégie politique permettant d’obtenir davantage de concessions d’Ottawa. Il cite en exemple l’Alberta, où la première ministre Danielle Smith, pourtant fédéraliste, évoque désormais la possibilité d’une séparation.
« Elle utilise la menace de référendum de l’indépendance de l’Alberta pour aller chercher des pouvoirs qui sont conformes et cohérents avec les intérêts de l’Alberta. Cette stratégie-là, c’est la stratégie qu’on appelle le couteau sous la gorge. On met le couteau sous la gorge du gouvernement fédéral si le gouvernement fédéral ne nous donne pas ce qu’on veut, on menace de partir », a expliqué l’analyste.
Philippe Léger précise toutefois que cette stratégie ne signifie pas qu’une province souhaite réellement quitter la fédération.
« On sauvegarde une carte qui nous permet d’avoir un rapport de force un peu plus fort vis-à-vis Ottawa », a-t-il ajouté.
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4 days ago
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