Le lac Ontario devient le lac Amérique sur Google Maps aux États-Unis

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Le géant Google n’a pas perdu de temps pour se plier aux exigences de Donald Trump : le Lac Ontario a été rebaptisé « lac Amérique » sur son application Google Maps.

À peine 72 heures après la signature d’un décret en ce sens par le président américain, le géant du Web a mis à jour sa carte pour y inclure le nouveau nom controversé.

Samedi, le premier ministre ontarien Doug Ford avait pourtant réitéré son opposition au changement de nom réclamé par Donald Trump, en apposant une affiche sur les rives du lac Ontario sur laquelle on peut lire : « Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours ».

Pour Georges Mercier, doctorant à Science Po Paris, la décision de Google n’a rien d’étonnant.

« Les géants du web ont eu tendance durant la seconde administration Trump à se plier à sa volonté », a-t-il souligné en entrevue à LCN.

« Ce qui est fascinant ici c’est que Donald Trump a une capacité, c’est de forcer les autres à accepter sa définition de la réalité. Vous aviez le golfe du Mexique, voilà qui est le golfe de l’Amérique. Les Américains voulaient ajouter un lac, voilà que le lac Ontario devient le lac Amérique. Mais c’est ça cette volonté-là pour lui de piller la réalité à sa volonté, elle dépend de notre capacité d’y résister ou non », a ajouté l’analyste politique.

Au cours de la dernière semaine, le président des États-Unis a annoncé vouloir changer le nom de l’étendue d’eau en réponse aux contre-tarifs canadiens et aux attaques de Doug Ford à son endroit.

Le premier ministre ontarien a notamment déclaré que Donald Trump pouvait « lui baiser le derrière », en plus de le qualifier d’« arrogant », de « dictateur », d’« intimidateur » et de « roi de la faillite ».

« C’est une saga qui est complètement insignifiante. C’est-à-dire que concrètement, ça n’a pas d’impact. À la rigueur, ça va seulement coûter très cher aux Américains de faire les changements de noms », affirme Georges Mercier.

Pure provocation

Toute cette histoire constitue une simple escalade rhétorique, clame l’analyste politique.

« Les Américains cherchent clairement ici à nous agacer, à provoquer des réactions, ce n’est pas clair qu’on ait à réagir parce que d’ailleurs, car il faut le rappeler aussi : rien ne nous oblige nous à changer le nom pour autant de notre côté », souligne M. Mercier.

« On devrait être habitué maintenant et on devrait avoir la couenne plus dure en quelque sorte », ajoute-t-il.

Ce dernier comprend toutefois la réaction de Doug Ford, qui souhaite probablement générer du capital politique auprès de ses électeurs et se poser comme le « Capitaine Canada », celui qui résiste à Donald Trump en plein contexte de guerre commerciale.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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