«La situation est grave»: Que proposent les partis pour le transport collectif?

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Le transport collectif n’occupe jusqu’à maintenant qu’une infime place dans la campagne électorale et les débats des chefs. Et pourtant, les besoins sont criants. Les engagements des cinq principaux partis sont-ils suffisants pour maintenir le niveau de services ?

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« La situation est assez grave présentement », tonne Edmond Leclerc, président du conseil d’administration de l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ) qui regroupe les 10 plus grandes sociétés de transport de la province.

« [Les transporteurs] font tous face à des enjeux de financement très importants qui mettent à risque nos activités dans les prochaines années et qui vont, vraisemblablement, les forcer à procéder à des réductions de service si rien ne change », prévient-il en entrevue à 24 heures.

Pourtant, le portrait n’a pas toujours été aussi sombre. Entre 2007 et 2015, l’offre de service a augmenté de 32 % au Québec.

« Mais depuis 2018, elle est stagnante », fait quant à lui valoir le coordonnateur de l’Alliance TRANSIT, Samuel Pagé-Plouffe.

La population a néanmoins continué de croître et les infrastructures se sont détériorées, ce qui a pu mener à des « enjeux accrus de fiabilité », ajoute-t-il.

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L’ATUQ évalue un manque de 550 millions de dollars dans les budgets opérationnels des sociétés de transport pour maintenir le niveau de service actuel.

Déjà, certains transporteurs grattent les fonds de tiroir en procédant à des coupures administratives. C’est notamment le cas dans le Grand Montréal où des organismes publics de transport en commun et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) se sont engagés à réaliser des économies de 155,8 millions $ d’ici 2028, tout en limitant les impacts sur les services.

Edmond Leclerc de l’ATUQ déplore le « définancement provincial » dans les dernières années qui affectera « tôt ou tard » les services.

Les infrastructures au niveau « critique »

Aux enjeux de financement opérationnel s’ajoutent ceux de maintien des infrastructures qui en sont à un niveau « critique », selon lui.

Depuis 2018, les sommes consacrées à ce chapitre dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) ont diminué de 6 %.

Aucune nouvelle somme n’a d’ailleurs été prévue dans le dernier budget provincial. On y réserve 3,5 milliards $ pour le maintien d’actifs, ce qui est insuffisant pour combler les déficits d’entretien qu’accusent les sociétés de transport.

PHOTO TIRÉE D'UN RAPPORT DE LA STM 

À elle seule, la Société de transport de Montréal (STM) estime que 7 milliards $ sont nécessaires pour entretenir le métro. Cette somme pourrait grimper à 9 milliards $ d’ici 2030 sans financement supplémentaire.

À l’heure actuelle, plus de la moitié des stations de métro sont jugées comme étant en mauvais ou très mauvais état.

Dans un mémoire publié en prévision de la campagne électorale, l’ATUQ formule ainsi deux demandes : qu’un plan de financement sur cinq ans soit établi et que le prochain gouvernement s’engage à prévoir quelque 20 milliards de dollars sur 10 ans pour le maintien des actifs.

« On ne sait pas quelles seront les enveloppes à la disposition des sociétés de transport à partir de 2029. C’est un gros enjeu pour permettre la planification des services », explique Edmond Leclerc.

Photos d'archives/montage 

Que proposent les partis ?

Les engagements jusqu’à maintenant des cinq principaux partis à l’élection québécoise répondent-ils aux attentes des sociétés de transport ? Tour d’horizon :

Coalition Avenir Québec

  • Relancer le projet de REM de l’Est.
  • Aucune somme supplémentaire n’est prévue pour le transport collectif dans le cadre financier du parti.

Parti Québécois

  • Offrir une passe mobilité à 95 $ offrant un accès illimité à tous les services de transport collectif dans la province.
  • Relancer le projet de REM de l’Est qui relierait la station Honoré-Beaugrand et Repentigny.
  • Augmenter le financement du transport collectif dans le Plan québécois des infrastructures (PQI). Le cadre financier du parti ne précise toutefois pas la somme qui sera consacrée.

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Parti libéral du Québec

  • Financer de manière « pérenne et prévisible » le transport collectif. Le cadre financier du parti ne précise toutefois pas la somme qui sera consacrée.

Québec solidaire

  • Prolonger la ligne orange à Laval pour relier les stations Montmorency et Côte-Vertu.
  • Réaliser le projet structurant de l’Est.
  • Rendre le transport collectif gratuit pour les 25 ans et moins et les 65 ans et plus. Pour les autres usagers, offrir un crédit d’impôt de 20 %.
  • Investir 23 milliards $ sur 10 ans pour rénover et développer le réseau. Les investissements en transport collectif représenteraient, à terme, plus de la moitié des dépenses totales en transport.

Parti conservateur du Québec

  • Aucune somme supplémentaire n’a été promise pour le transport collectif dans le cadre financier du parti.
  • Permettre aux villes de se retirer d’une société de transport collectif.

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Des engagements concrets exigés

« Si on veut être sérieux, il faut chiffrer clairement les montants », souligne Edmond Leclerc, qui salue néanmoins l’intention de soutenir les sociétés de transport.

Et avant de promettre de nouveaux projets, il souhaite d’abord qu’on s’assure « que les infrastructures existantes soient toujours opérationnelles, à des coûts raisonnables, et permettent de maintenir le niveau de service actuel ».

Samuel Pagé-Plouffe de l’Alliance TRANSIT invite les partis à aller plus loin qu’annoncer « un ou deux grands projets spectaculaires » puis à s’engager clairement sur les questions de financement et de planification, renchérit-il.

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