Les derniers sondages indiquent que la CAQ aurait dépassé le PLQ en termes d’intentions de vote.
Le nombre de points gagnés par la CAQ correspond grosso modo au nombre de points perdus par le PLQ.
Des électeurs traditionnellement libéraux, qui sont fondamentalement des anti-péquistes forcenés, sautent par-dessus la clôture pour aller dans les pâturages caquistes.
Leur calcul : la CAQ semble mieux placée pour barrer la route au « monstre séparatiste ».
Quand on examine l’affaire de plus près, c’est encore plus préoccupant pour le PLQ : il perd notamment du terrain chez les gens âgés, qui furent son pain et son beurre pendant des décennies.
Coincé
Je confesse une erreur.
Avant les allégations de « fling-flang » et de « brownies » qui emportèrent Pablo Rodriguez (il affirme qu’il n’y était pour rien), je voyais bien que M. Rodriguez n’était pas à l’aise dans les régions francophones, là où le PLQ devait absolument progresser.
J’en avais déduit que le souriant et sympathique Charles Milliard aurait sans doute pu faire mieux.
Il a maintenant sa chance, et on redécouvre une vieille loi de la politique : on ne vote pas nécessairement pour quelqu’un parce qu’il est sympathique.
Au-delà de sa personne, c’est aussi tout le plan de campagne de M. Milliard qui est désormais inadapté à la situation.
Il pensait faire campagne sur la « menace » référendaire du PQ.
Non seulement le PQ a très habilement amoindri cette crainte, mais la guerre tarifaire a donné une dynamique très différente à la campagne.
Fréchette dit : je suis en poste, ne changeons pas de chauffeur, rapprochons-nous de Carney.
Le PQ dit : le désastreux bilan caquiste demeure, nous défendrons nos entreprises et nos travailleurs, et les intérêts du Québec ne doivent pas être oubliés au seul profit des intérêts canadiens.
Chaque électeur est libre de choisir la plus convaincante des deux positions, mais elles ont pour effet de priver le PLQ d’une position distinctive et forte.
Comme si ça ne suffisait pas, avant même la guerre tarifaire, les Québécois exprimaient des inquiétudes sur la langue, l’immigration, la laïcité, tout ce qu’on peut classer sous le grand parapluie de l’identité.
Sur ces questions, Charles Milliard, comme tous les chefs récents du PLQ, est tenu en otage par les anglophones et les allophones de son parti.
Le PLQ a un seul député (un seul !) en dehors de la région métropolitaine, et cela ne s’annonce pas tellement mieux le 5 octobre.
Le nombre de candidats libéraux déclarés qui se retirent témoigne aussi de graves déficiences organisationnelles.
Vaches
Cela dit, même s’il finissait au troisième rang du vote exprimé, le PLQ aurait sans doute plus de sièges qu’une CAQ au deuxième rang en raison de l’appui des minorités ethnolinguistiques.
Je ne connais aucun autre cas similaire en Occident.
Les vaches grasses ne semblent pas à la veille de retourner au PLQ.
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6 days ago
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