L’Université du Québec travaille à la création de son propre programme conjoint de doctorat de premier cycle en médecine. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’UQAC serait responsable d’accueillir les futurs étudiants.
Le projet a été présenté vendredi matin à des acteurs socio-économiques réunis à Alma. Il vise principalement à former des médecins de famille et à améliorer l’accès aux soins de première ligne dans les régions.
« Ce qu’on veut faire, c’est former des médecins de famille qui ont le goût d’habiter au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui ont le goût de faire de la première ligne et de répondre aux besoins de la population », explique le président de l’Université du Québec, Alexandre Cloutier.
Le programme est toujours en développement et n’a pas encore reçu l’autorisation finale nécessaire à sa mise en œuvre. Selon M. Cloutier, cette décision pourrait être prise en 2027.
« On réfléchit à une nouvelle offre médicale au sein de la grande famille de l’Université du Québec. [...] Ici, c’est l’UQAC qui va assurer l’accueil de ces nouveaux étudiants en médecine », précise-t-il.
Une formation axée sur la première ligne
Le doctorat serait offert conjointement par les établissements du réseau de l’Université du Québec (UQ). La formation reposerait sur cinq piliers : une médecine humaine, collaborative, communautaire, durable et efficiente.
L’UQ souhaite recruter des étudiants provenant des régions et les encourager à choisir une résidence en médecine familiale ou une spécialité qui soutient les soins de première ligne.
« Il y a des places disponibles en résidence de médecine familiale et elles ne sont pas comblées. Ce qu’on dit à nos étudiants, c’est que vous allez choisir l’UQ, mais vous allez aussi choisir la médecine de famille ou une spécialité de première ligne, mais essentiellement la médecine de famille », affirme Alexandre Cloutier.
Selon la documentation présentée, l’UQ vise à ce que 75 % des candidats sélectionnés proviennent de régions rurales ou éloignées. Elle souhaite également que 75 % des diplômés choisissent la médecine familiale et s’établissent en région ou dans une zone urbaine défavorisée. Une proportion de 25 % serait plutôt dirigée vers des spécialités soutenant la première ligne, comme la pédiatrie générale, la médecine interne ou la chirurgie générale.
L’Université du Québec estime qu’il manque au moins 1500 médecins de famille au Québec. Elle indique également que le tiers de la population québécoise n’a pas de médecin de famille attitré et que moins de 27 % des médecins formés dans un campus régional demeurent ensuite en région.
« La grande force de l’UQAC, c’est que si tu es formé à Chicoutimi, les probabilités que tu travailles et habites dans la région sont très élevées. C’est le gros bon sens », soutient M. Cloutier.
Une formation médicale déjà présente à l’UQAC
L’UQAC accueille déjà des étudiants en médecine dans le cadre d’un partenariat avec l’Université de Sherbrooke. Le nouveau projet constituerait une offre distincte, portée par le réseau de l’Université du Québec.
Alexandre Cloutier indique que 5 millions de dollars ont déjà été investis dans le développement du programme et qu’une somme additionnelle de 2 millions a été accordée par le gouvernement du Québec.
En pleine campagne électorale provinciale, le président de l’UQ affirme que le Parti conservateur du Québec appuie le projet et que l’équipe de Christine Fréchette s’est engagée à investir 20 millions de dollars supplémentaires. Il dit également comprendre que le Parti québécois y est favorable, tout en précisant ne pas pouvoir parler en son nom.
Des besoins à combler dans Maria-Chapdelaine
Le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Jean Morency, estime qu’une nouvelle formation médicale en région pourrait contribuer aux efforts de recrutement.
« Présentement, on a des postes vacants. On sait qu’on va avoir le nouveau bloc opératoire de Dolbeau-Mistassini, qui sera livré bientôt. On a aussi des médecins qui partiront à la retraite, ce qui fait que d’autres postes se libéreront avec un grand bassin de patients. C’est une priorité chez nous », affirme-t-il.
La MRC demande également au gouvernement d’être reconnue comme une région éloignée. Ce statut lui permettrait, selon le préfet, d’offrir des incitatifs financiers supplémentaires aux médecins.
« On veut être reconnus comme région éloignée. C’est particulier, je le sais, mais c’est un levier qu’on peut avoir pour donner des primes. Ça nous donnerait un levier d’attractivité supplémentaire », conclut Jean Morency.
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2 days ago
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