Les pourparlers entre Téhéran et Washington ont enfin commencé au Pakistan, samedi, malgré des désaccords persistants entre les deux parties sur plusieurs aspects du cessez-le-feu. Des incertitudes planaient d’ailleurs quant à la participation de l’Iran, mais, selon un analyste politique, la Chine et la Russie auraient joué un rôle déterminant pour amener Téhéran à la table des négociations.
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La tenue de ces discussions, comme prévu, ne s’explique pas tant par le succès de l’ultimatum américain que par l’influence de deux acteurs absents du conflit, mais alliés de l’Iran, souligne l’analyste politique Georges Mercier.
« C’est peut-être le signe que la Chine et la Russie ont fait savoir [aux Iraniens] qu’ils devaient [se rendre] à la table de négociation. Pourquoi ? Parce que depuis le début du conflit, la Russie en a profité en ayant des prix de pétrole plus importants pour ses exportations, et la Chine en a profité parce que ça va diminuer la stature des États-Unis sur la scène mondiale », a-t-il expliqué, en entrevue à LCN, samedi.
La fin du conflit serait par ailleurs avantageuse pour la Chine, une grande puissance exportatrice, a ajouté M. Mercier.
« La Chine [...] n’a aucun intérêt à ce qu’on ait une récession ou une crise économique globale », a-t-il souligné. « Et si ce conflit-là se [prolongeait], si vraiment le détroit d’Ormuz était fermé plus longtemps, on pourrait assister à une crise majeure. Donc, si la Chine dit à l’Iran “Vous devez négocier”, l’Iran n’[aura guère d’autre] choix [que] de négocier avec les Américains. »
Un conflit peu avantageux pour les deux camps
La Chine n’est pas la seule à tirer certains bénéfices du statu quo, mais ni Washington ni Téhéran n’auraient réellement intérêt à relancer les hostilités, estime Georges Mercier.
« Le prix à la pompe aux États-Unis a beaucoup augmenté. La guerre n’est pas plus populaire aujourd’hui qu’elle ne l’était par le passé. [Il n’est pas certain] que Trump [dispose de l’appui] politique chez lui pour relancer les hostilités et ce n’est pas du tout clair que les Iraniens aient intérêt à relancer ça », a-t-il mentionné.
Du côté iranien, le conflit a déjà causé d’importants dommages économiques, et la situation demeure préoccupante.
« Les Iraniens ont quand même subi entre 300 et 1000 milliards de dollars de dommages. L’économie iranienne [se porte] très très mal, ils ont besoin d’une levée des sanctions, l’inflation aurait atteint 50 %. Donc, des deux côtés, on a un intérêt objectif à au moins geler les hostilités pour permettre un retour [au] statu quo», a-t-il résumé.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.
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2 weeks ago
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