Chaque campagne électorale comporte des angles morts. Les risques de l’intelligence artificielle en constituent manifestement un actuellement.
À écouter les candidats, l’IA n’est qu’un simple outil pouvant nous permettre magiquement d’améliorer la prestation des services de l’État, tout en économisant des milliards. Ce n’est sans doute pas entièrement faux.
D’ailleurs, on ne part pas de zéro : de 2024 à 2025, l’usage de l’IA a crû de 54 % dans l’État québécois : « aide à la décision », développement d’« agents conversationnels », etc. Il y a même quelques expériences en « analyse des comportements ».
Une « révolution technologique », « sorte de nouvelle révolution industrielle », est « en train de se déployer », s’enthousiasmait jeudi matin Christine Fréchette.
La chef caquiste soulignait que l’IA détruirait des emplois. Et annonçait des mesures pour « requalifier des travailleurs ». Prise de conscience importante : la révolution de l’IA ne se fera pas sans victimes.
Pas comme les autres
Mais une nouvelle technologie qui élimine des emplois, ça n’a, dans l’histoire, rien de nouveau : une « destruction créatrice » au cœur de la dynamique du capitalisme, comme l’a théorisé l’économiste Joseph Schumpeter.
Or, l’IA n’est pas une invention comme une autre. Elle représente un défi anthropologique. Les machines faisaient jadis ce que l’être humain leur ordonnait de faire. L’IA, elle, pourrait prendre de l’autonomie, s’affranchir de l’humain.
Mercredi, un jeune chercheur, Jacob Coxon, a décidé de quitter l’entreprise Anthropic en tenant ces propos terrifiants : « Les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie ». Rien de moins ! Coxon est-il un alarmiste illuminé ou une Cassandre ? En tout cas, ses mises en garde vont dans le sens de celles de grands chercheurs tels Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton.
Nos politiciens devraient en prendre bonne note et tenter d’en dégager une politique publique.
.png)
3 days ago
6
















Bengali (BD) ·
English (US) ·