Marie-Andrée Paquin a longtemps vécu avec une obésité sévère, marquée par l’intimidation, les régimes à répétition et une prise de poids importante dès l’adolescence. Après deux grossesses, elle a choisi la chirurgie bariatrique comme tournant décisif. Depuis, elle a perdu 160 livres, portée par un profond changement d’identité, une approche de pleine conscience et un mode de vie actif. Entretien avec une femme dont la transformation personnelle est devenue une véritable mission : inspirer les autres sur leur propre chemin de changement.
Marie-Andrée, quelle est ton histoire de poids ?
J’ai toujours vécu avec l’obésité. C’est génétique. Au secondaire 5 je pesais 180 livres déjà. J’ai vécu beaucoup d’intimidation mais mes parents m’ont inculqué beaucoup de force, j’ai appris tôt à me faire confiance, à valoriser mes capacités et à me trouver belle, peu importe mon poids. Ma prise de poids s’est accentuée durant mes études universitaires. Je ne prenais pas soin de moi. Puis j’ai eu une première grossesse à 25 ans, j’ai pris 80 livres alors, pour atteindre environ 290 livres un an après l’accouchement. À mon plus haut, je suis montée à 328 livres pour ma taille de 5 pieds 7 (soit un IMC de 51,4). Aujourd’hui, je suis à 168 livres et je maintiens mon poids depuis 7 ans. J’ai perdu 160 livres !
As-tu tenté plusieurs régimes ?
Absolument, avec ma famille aussi. Et je faisais du sport : du spinning, des cours de zumba notamment. Mais avec mon obésité importante, l’énergie n’était pas là. Juste me lever était un effort. J’étais alors coordonnatrice aux communications du Plan d’action régional en saines habitudes de vie de la Mauricie. Je côtoyais tous les jours des nutritionnistes et des kinésiologues et, malgré cela, je n’arrivais pas à faire des changements durables.
Pourquoi avoir alors opté pour la chirurgie bariatrique ?
C’était la seule option que je voyais comme les autres solutions n’avaient pas fonctionné pour moi. À ce moment, quatre personnes de ma famille avaient reçu la chirurgie. Je me suis donc mise sur la liste d’attente. J’ai eu mon 2e enfant lorsque j’étais en attente de la chirurgie. Le matin de la chirurgie, parce que j’avais déjà changé mon ʺmindsetʺ, j’étais à 306 livres. Mon but n’était pas d’améliorer mon apparence – je me trouvais belle avec mes rondeurs –, mais bien de penser à ma santé pour pouvoir mieux profiter de ma vie familiale.
Comment as-tu vécu les changements nécessaires à ton alimentation post-chirurgie ?
Tout s’est bien déroulé avec ma sleeve. Je ne vivais plus pour manger mais je mangeais pour vivre. Je consommais à peine 250 ml (1 tasse) d’aliments par repas, ma satiété était très précoce. Je mange encore dans de petites assiettes aujourd’hui. Je n’ai pas d’interdits mais je mange en pleine conscience. Je mange des aliments qui me font du bien et qui me donnent de l’énergie (comme du poisson ou du tofu). Je ne me récompense plus avec de la nourriture et du vin comme avant.
Le sport occupe-t-il une place importante dans ta vie ?
J’ai changé d’emploi pour me rapprocher de chez moi et récupérer du temps pour l’entraînement. Je m’entraîne 4 à 5 fois par semaine et je bouge chaque jour. Je ne peux plus m’en passer, c’est un besoin vital de bouger. Je ferai mon 3e triathlon cet été et mon premier demi-Iron Man en équipe dans la portion vélo, soit 90 km. Puis, le fait de me joindre à l’équipe féminine Les Roses Évolution m’a assuré une constance dans le sport.
Le changement le plus important s’est-il d’abord produit dans ta tête ?
J’ai surtout changé mon identité. Je suis devenue une autre personne et j’ai décidé de viser mon bien-être dans toutes les sphères de ma vie. J’ai transformé ma vie à tous les points de vue : alimentation, activité physique, relations et vie professionnelle. Toutes les sphères de ma vie ont changé. J’ai vécu une transformation consciente, un grand changement identitaire.
Tu maintiens ta perte de poids depuis plusieurs années, quels sont tes trucs ?
Mon état d’esprit dans un premier temps, j’ai complètement changé ma façon de penser et de voir la vie. Mes priorités ont changé. Ensuite, j’ai fixé des objectifs clairs et motivants, je ne suis pas en sentiment de restriction, je m’entoure des bonnes personnes, que ce soit du côté des amis ou encore des professionnels de la santé, et enfin je laisse les jugements derrière moi. Ce sont les clés du succès du maintien je pense.
As-tu encore des défis aujourd’hui ?
Absolument ! Par exemple, je suis allée en croisière cette année et je suis revenue avec 10 livres de plus. Mon corps cherche toujours à reprendre du poids, c’est le travail d’une vie de rester dans le maintien et la constance. J’ai 37 ans et je vois la périménopause arriver et je m’inquiète de reprendre du poids avec le ralentissement du métabolisme.
Parle-moi de ton implication aujourd’hui pour aider les personnes obèses ?
Je me suis jointe au Bureau du patient partenaire de l’Université de Montréal où j’accompagne des étudiants en santé et services sociaux afin de mieux faire comprendre la réalité des patients, en participant à différentes formations offertes dans le cadre de leurs cours. J’aide aussi les personnes qui désirent entreprendre un changement à travers mes programmes avec Transformations point final. Il y a tellement peu d’accompagnement après une chirurgie bariatrique, nous sommes laissés à nous-même, c’est pour cela que le succès à long terme est décevant. Il faut aussi se questionner à savoir si on est prêt à vivre ce changement car une grande perte de poids amène plusieurs autres changements dans sa vie. Il faut se mettre en priorité, s’affirmer, prendre sa place et cela peut déranger plusieurs personnes autour de nous. Chose certaine : si j’ai réussi, c’est aussi à la portée de tous, à condition d’être prêt à vivre tous les changements sur tous les plans de sa vie !
Découvrez en plus sur Marie-Andrée ici :
https ://transformationspointfinal.com/
.png)
11 hours ago
15
















Bengali (BD) ·
English (US) ·