Iran: «Trump est en position de faiblesse même s’il joue à celui qui urine le plus loin»

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Donald Trump a sorti les gros bras mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies en affirmant qu’il avait le choix entre conclure un accord avec l’Iran ou « anéantir » le pays.

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Cette bravade du président américain n’est toutefois qu’une bravade ou une tentative de diversion pour tenter de freiner la chute de popularité de Trump aux États-Unis.

Donald Trump à l'Assemblée générale des Nations unies à New York, 22 septembre 2026

MEGA/WENN 

Donald Trump à l'Assemblée générale des Nations unies à New York, 22 septembre 2026

« C’est peut-être sa stratégie de négociation habituelle : on essaie de faire peur pour forcer notre interlocuteur à faire des concessions, à s’asseoir à la table des négociations », a déclaré Frédérick Gagnon, directeur de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, en entrevue à LCN.

« Mais il y a un bout du discours de Trump dont on a moins parlé. Il dit : “Téhéran semble attendre le résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis pour bouger“, mais il dit : “je ne bougerai pas, ça ne changera pas en fait ma politique à l’égard de l’Iran”. Il disait : ”Si les démocrates reprennent les deux chambres du Congrès le 3 novembre, je ne changerai pas d’attitude à l’égard de Téhéran” », a-t-il ajouté.

Frédérick Gagnon, directeur de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, 23 septembre 2026

Capture d'écran LCN 

Frédérick Gagnon, directeur de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, 23 septembre 2026

Le spécialiste de la politique américaine demeure toutefois loin d’être convaincu que cette tactique aura l’effet escompté.

« Téhéran n’a pas intérêt en ce moment à négocier tant que ça. Téhéran voit bien que la guerre en Iran a des effets concrets sur la société américaine, la hausse du prix du pétrole, la hausse du diesel. La popularité de la guerre en Iran est très faible aux États-Unis, je pense que c’est à 26 % en ce moment », soutient M. Gagnon.

Ce dernier estime que Téhéran a plutôt intérêt à continuer de résister face à Washington.

« C’est Trump, selon moi, qui est en position de faiblesse, même s’il joue à celui qui urine le plus loin. Hier, à l’Assemblée générale de l’ONU, Trump se vante d’être en contrôle de la situation, mais il ne l’est pas tellement », affirme l’expert.

Une influence amoindrie

Par ailleurs, il n’y a pas que l’Iran qui constate la faiblesse des États-Unis : l’influence des Américains partout dans le monde s’amenuise, estime Guillaume Lavoie, membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand.

« Pendant très longtemps, les États-Unis se sont distingués en essayant que l’exemple de leur puissance, ce soit la puissance de leur exemple, donc dans le respect de la règle, de la loi. Là, on est à l’opposé le plus complet. Et d’ailleurs, on peut imaginer que si on cherchait des raisons pourquoi le leadership américain est moins important qu’il ne l’était, vous en avez eu un concentré assez brutal hier dans ce discours-là », explique-t-il.

Les réactions des autres leaders politiques au discours de Trump ont été jusqu’ici plutôt timides, mais n’en pensent certainement pas moins, croit le spécialiste de la politique américaine.

« Peu ont à gagner à aller dire que ce que Trump a dit est une folie. C’était davantage codé ou plutôt on peut imaginer ce qui doit se dire dans les corridors. Par exemple, le président français a dit qu’on n’a rien à gagner à retrouver la loi de la jungle parce que c’est à peu près ça, le monde qu’a décrit Donald Trump », mentionne M. Lavoie.

La vision américaine véhiculée par Trump est désormais que « les forts font ce qu’ils veulent et les faibles subissent », résume le membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand. Or, cette position est aux antipodes de celles de nombreux pays, notamment plusieurs alliés traditionnels des États-Unis.

Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand, 23 septembre 2026

Capture d'écran LCN 

Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand, 23 septembre 2026

« D’aller menacer de réduire un pays en poussière, ce n’est pas exactement la route de la paix pour le Moyen-Orient. S’il y avait une solution militaire possible en Iran, ça ferait longtemps qu’elle aurait été appliquée. C’est davantage presque la déconnexion complète entre le discours, le lieu et le contexte qui va probablement nuire à l’exemple américain et son influence en général », résume Guillaume Lavoie.

Pour voir les entrevues complètes, visionnez les vidéos ci-haut.

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