Il n’est pas rare de trouver un essaim de bibittes d’humidité en soulevant un pot de fleurs dans son jardin, et s’il vaut la peine de les tolérer à l’extérieur, il vaut mieux ne pas les ignorer si vous les voyez régulièrement à l’intérieur de votre domicile.
En effet, ces insectes qui cherchent l’humidité peinent à survivre à l’intérieur des foyers québécois où le taux d’humidité est généralement trop faible. Cela signifie que leur présence peut être signe d’un problème plus important.
Voici tout ce qu’il faut savoir sur les bibittes d’humidité, et sur comment s’en débarrasser si elles ont élu domicile dans votre foyer :
Trois types de bibittes d’humidité fréquentes
Au Québec, il y a trois types de bibittes d’humidité que l’on voit régulièrement :
1- Les cloportes
Étonnamment, le cloporte est un crustacé, c’est-à-dire qu’il est plus proche des crevettes et des homards que des insectes, selon l’Espace pour la vie. Ils possèdent un corps ovale de 12 à 19 mm de long, protégé d’un exosquelette grisâtre ou brunâtre.
La majorité des espèces ne peuvent survivre que dans des habitats humides, d’où la raison pour laquelle on les retrouve habituellement sous les pots de fleurs, les arrosoirs, les rochers, les débris ou dans les crevasses du jardin qui accumulent l’eau.
Ils se nourrissent généralement de matière organique en décomposition. On les retrouve rarement dans les maisons puisque le taux d’humidité est généralement trop faible pour assurer leur survie ; d’où la raison pour laquelle leur présence devrait vous mettre la puce à l’oreille sur un possible souci d’humidité.
2- Les mille-pattes
Comme les cloportes, les mille-pattes peinent à survivre dans les maisons québécoises en raison du bas taux d’humidité, selon le site du gouvernement du Canada.
Ces insectes au corps arrondis sont constitués de segments, et chaque segment est accompagné d’une paire de petites pattes, si bien qu’ils ne peuvent pas se déplacer si rapidement. Lorsqu’ils sont dérangés, ils tendent à se replier sur eux-mêmes au lieu de déguerpir.
Il existe plus de 12 000 espèces différentes de mille-pattes à travers le monde, dont 35 seulement qui se trouvent au Québec. Contrairement à leur nom, ces dernières n’ont généralement qu’entre 44 et 200 pattes, selon Biodiversité Québec.
Seule une espèce qui se trouve en Australie porterait bien son nom, avec un peu plus de 1300 pattes au compteur.
3- Les scolopendres
Finalement, les scolopendres ressemblent beaucoup aux mille-pattes, mais possèdent un corps plus aplati et des pattes très longues qui leur permettent de courir vite.
Ces bibittes survivent bien dans les demeures québécoises où elles se nourrissent notamment d’araignées, de punaises de lit, de blattes, de lépismes argentés, d’anthrènes des tapis et de fourmis, selon le gouvernement du Canada, qui recommande de les tolérer pour cette raison.
L’une des scolopendres les plus connues – et les plus surprenantes – est la scutigère véloce, qui peut mesurer jusqu’à 7 cm de long et atteindre une vitesse de 40 cm... par seconde.
Bibittes d’humidité dans la maison : les risques
Malgré leur aspect peu attrayant et leur réputation de nuisibles ces espèces sont tout à fait inoffensives ; elles n’endommagent pas la structure de la maison, ne s’attaquent pas aux vêtements ni aux aliments, ne piquent pas (pour la plupart) et ne transmettent aucune maladie, selon le site web du gouvernement du Canada.
Les scutigères peuvent piquer, mais leur premier réflexe sera toujours la fuite. Ce n’est qu’en dernier recours qu’elles utilisent leur dard, qui n’est pas suffisamment fort pour percer la peau humaine.
« Dans le pire des cas, l’effet produit est comparable à celui d’une piqûre d’abeille, et les symptômes disparaissent habituellement en quelques heures », peut-on lire.
Il y a même des avantages à tolérer les bibittes d’humidité :
- Les cloportes et les mille-pattes aident à la dégradation de matière organique, en retournant vers la végétation les éléments nutritifs, ce qui aide votre jardin ;
- Les scolopendres s’attaquent et se nourrissent des espèces d’insectes plus nuisibles qui se trouvent dans votre domicile et qui peuvent causer des dommages matériel ou physique.
Par contre, là où il faut s’inquiéter, c’est si leur présence est répétée, puisque cela peut révéler un grave problème d’humidité ou la présence de bois pourris, duquel les cloportes et les mille-pattes se nourrissent.
Comment s’en débarrasser ?
Pour se débarrasser de ces insectes, il faut s’attaquer à leur environnement pour le rendre le moins accueillant possible, selon le site web du gouvernement du Canada. Pour une infestation à l’intérieur, cela se traduit par :
- Assécher les zones humides à l’aide d’un déshumidificateur ou d’un petit ventilateur électrique ;
- Vérifier que la pente du terrain de la maison ne dirige pas l’eau et l’humidité vers les fondations de la maison ;
- Tailler les plantes près des fondations pour s’assurer qu’elles permettent la circulation d’air ;
- Ramasser les feuilles mortes et la végétation en décomposition qui se trouvent près des fondations ;
- Retirer les objets, comme les pots de fleurs, les arrosoirs ou les rochers, où elles tendent à se cacher, s’ils se trouvent près de la maison ;
- Ajoutez du paillis grossier, au lieu d’un paillis plus fin, pour mieux drainer l’eau après un arrosage ;
- S’assurer de laisser le sol sécher entre deux arrosages ;
- Au besoin, utiliser un pesticide homologué par Santé Canada ou de la terre de diatomées, une matière active écologique, en s’assurant de suivre toutes les directives et les mises en garde.
Avant l’arrivée de l’automne, il est également recommandé de colmater les fissures dans les fondations et près des fenêtres.
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