Le gouvernement fédéral a dépensé plus de 9,5 M$ en publicité à l’étranger ces dernières années pour attirer des immigrants francophones dans toutes les provinces sauf au Québec.
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Chaque année, Ottawa diffuse des publicités dans de nombreux pays francophones dans l’espoir d’attirer des travailleurs dans les « communautés francophones minoritaires en dehors du Québec ».
Depuis 2022, cet effort a coûté 9 529 679 $ aux contribuables, selon des documents déposés lundi à la Chambre des communes.
« Les messages ont fait la promotion du français en tant qu’atout pour le travail au Canada et [du] Canada comme un pays offrant de nombreuses possibilités pour les travailleurs qualifiés francophones », a expliqué Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
Une publicité du gouvernement fédéral visant à attirer des travailleurs qualifiés francophones dans le cadre du programme Entrée express. Le texte qui accompagne cette image sur les réseaux sociaux précise que les travailleurs qui parlent couramment le français, qui souhaitent travailler dans des domaines recherchés et qui sont prêts à s’établir en dehors du Québec pourraient « être invités plus rapidement à déposer une demande de résidence permanente ».
La liste des pays ciblés est très longue et comprend, notamment, l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Maroc, la Tunisie, le Cambodge, le Laos, le Liban, le Qatar, les Émirats arabes unis, la Belgique, la France, la Suisse, la Guadeloupe, Haïti.
Respirateur artificiel
Il faut bien reconnaître que la situation du français est critique partout au pays.
En Ontario, le pourcentage de la population ayant le français comme langue principale est passé de 4,7 % à 3,4 % entre 2001 et 2021, selon les données des recensements. Dans les autres provinces, à l’exception évidemment du Québec et du Nouveau-Brunswick, le poids du français tourne aujourd’hui autour de 1 %.
Comme le soulignait récemment l’économiste Pierre Fortin dans L’Actualité, « c’est moins élevé qu’en Louisiane ».
C’est sans doute pour cette raison qu’Ottawa concentre ses efforts ailleurs et qu’aucune publicité du fédéral à l’étranger ne vise à attirer des travailleurs francophones au Québec.
Mais faut-il rappeler que le français recule aussi chez nous ? Au cours de la même période de 20 ans, la proportion de personnes ayant le français comme langue maternelle au Québec est passée de 81,4 % à 77,5 %.
À ce propos, la présidente de la société Saint-Jean-Baptiste, Marie-Anne Alepin, s’inquiète que le fédéral vienne « concurrencer » le Québec dans le recrutement de travailleurs étrangers francophones.
« Est-ce qu’ils vont cibler les mêmes groupes de travailleurs que le Québec ? » s’interroge-t-elle.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
« L’asile n’est pas un billet gratuit »
Outre les publicités pour attirer des francophones en dehors du Québec, Ottawa a déboursé un peu plus de 949 000 $ pendant la même période pour diffuser à travers le monde des « messages dissuasifs et informatifs » visant à « sensibiliser au fait que demander l’asile au Canada n’est pas facile ».
« L’asile n’est pas un billet gratuit pour entrer au Canada ni un moyen de contourner les règles d’immigration », précisait l’un de ces messages.
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