C’est ce jour-là qu’on a changé de siècle. Par une immense déflagration dans le ciel de New York. Les deux tours se sont enflammées avant de s’écrouler, faisant près de 3000 morts. C’était il y a 25 ans jour pour jour.
Le monde entier fut sidéré. Des événements comme celui-là, on n’en rencontre qu’un par génération. Il illustrait comme jamais la fragilité de nos sociétés. L’islamisme dont se réclamaient les terroristes venait de nous sauter au visage. Nous ne savions pas encore qu’il nous avait déclaré la guerre. L’attentat du World Trade Center ne serait que le premier d’une longue série.
Une marque indélébile
Quinze ans plus tard, c’était au tour de la France de connaître son 11 Septembre. Correspondant à Paris, j’ai vécu de près l’assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo. Puis la sauvagerie du Bataclan, à une vingtaine de coins de rue de chez moi, qui fit 130 morts et plus de 400 blessés. La marque est indélébile.
En Europe, il n’est plus rare qu’un inconnu surgi de nulle part égorge un enseignant, comme c’est arrivé à Samuel Paty et Dominique Bernard. Ou qu’il s’attaque à des Juifs en criant « Allah Akbar » comme à Londres en avril dernier. Il ne se passe plus une semaine sans que la police déjoue un attentat. La Fondapol a recensé, entre 1979 et 2024, 66 872 attentats islamistes dans le monde qui ont fait au moins 249 941 morts, la majorité dans les pays musulmans.
Pourtant, certains continuent à faire comme si l’islamisme sur lequel fleurit ce terrorisme n’était qu’un phénomène passager. Il a pourtant largement conquis les banlieues des grandes villes d’Europe, ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans. Récemment, un rapport de l’ISGAP, un institut combattant l’antisémitisme, révélait l’ampleur de l’implantation des Frères musulmans au Canada. Partout, le décompte des actes antisémites atteint des sommets.
La loi du silence
Mais le plus grave n’est pas là. La première fonction du terrorisme, c’est de semer la peur. Ici, la victoire est sans appel. Dorénavant, quel caricaturiste serait assez fou pour oser représenter Mahomet ? Critiquer le port du voile ou l’infiltration islamiste, c’est courir le risque de passer pour islamophobe. En France, les sondages montrent que les professeurs s’autocensurent dès qu’il est question de la Shoah ou de la Palestine. Plus récemment encore, la CBC n’a-t-elle pas tenté d’empêcher ses journalistes de qualifier le 11 Septembre d’attentat terroriste ?
« Les chrétiens, vous pouvez les traîner dans la boue. [...] Mais alors, dès que commencez à critiquer l’islam, c’est impossible », expliquait Jean Quatremer. Ce journaliste émérite qui a plus de 40 ans de métier vient de claquer la porte du quotidien de gauche Libération. Dès qu’il était question de l’islam, dit-il, il était censuré.
Dans le confort de nos sociétés, il est facile d’oublier qu’on ne choisit pas ses ennemis. Ce sont eux qui vous désignent.
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3 days ago
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