«Il n’en reste pas beaucoup dans nos poches»: un pomiculteur affirme faire 10 cents par livre de pommes

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Les pomiculteurs sont loin de faire fortune avec le fruit de leur travail et ne retirent qu’un très maigre montant, clame un producteur de pommes de l’Estrie.

Dans une vidéo devenue virale au cours des derniers jours, Éric Sauvageau, propriétaire du verger Sauvageau & Filles à Dunham, a expliqué les nombreux coûts de production qu’il doit assumer lorsqu’il cueille et vend ses pommes.

Celui-ci affirme empocher seulement 10 cents pour chaque livre de pommes vendue.

« Il y a beaucoup d’intermédiaires, il y a beaucoup de dépenses et tout », a résumé M. Sauvageau en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal, mardi.

Les producteurs vendent leurs pommes par minot, soit une boîte de 42 livres. Ils en tirent 21 $.

De ce montant, il faut déduire environ 4,50 $ pour les frais de livraison, de transport et d’entreposage, soutient Éric Sauvageau.

Ce dernier évalue que pour chaque minot, il doit débourser environ 6,30 $ pour rémunérer ses cueilleurs.

Les taxes municipales, les frais de tracteurs, l’essence et les autres coûts de production coûtent également environ 6,30 $, selon une estimation du pomiculteur.

Il reste donc 4 $ par minot dans les poches du producteur une fois toutes ces dépenses déduites. En divisant ce montant par le nombre de livres du minot, on en arrive donc à un peu moins de 10 cents par livre.

Ces chiffres constituent une moyenne, rappelle Éric Sauvageau, car plusieurs autres facteurs peuvent modifier la marge de profit des producteurs.

« Il y a des entrepôts, donc des fois, il y a des années où les pommes, il en manque, donc elles sont vendues tout de suite, c’est plus payant. Il y a d’autres années où il y a tellement de pommes sur le marché que l’entreposeur met les pommes en entrepôt, puis là, tu payes chaque mois pour que les pommes soient entreposées. Il les sort au mois d’avril, elles sont molles, elles sont moins bonnes, il les déclasse et les frais explosent, puis là, on parle même plus de 10 sous. Il y a des années, on est à la perte parce qu’il y a trop de pommes sur le marché », explique le pomiculteur.

Ce dernier ne souhaite pas faire pitié, mais espère conscientiser la population à la réalité des producteurs de pommes.

« Je n’ai même pas mis le prix de mon hypothèque dans l’équation », mentionne-t-il.

Passion non viable

Éric Sauvageau est d’ailleurs catégorique : il ne peut vivre uniquement de la production de pommes.

« C’est une entreprise qui est familiale, puis qu’on garde parce que [...] être pomiculteur, c’est le plus beau métier du monde. C’est vraiment passionnant de tailler durant l’hiver, de voir les fleurs puis de voir tout ça à la fin de la saison, mais il faut le faire, ça, par passion. Ce n’est pas payant », soutient-il.

Quant à l’autocueillette, celle-ci n’est pas aussi payante que certains consommateurs le croient, malgré les prix qui peuvent paraître élevés.

« Quand tu vas à l’autocueillette, l’entreprise a besoin de gens au parking, elle a besoin d’une caissière, elle a besoin des toilettes, elle a besoin d’une infrastructure. Ce qui arrive aussi quand on voit des gens dans ton verger cueillir, ils prennent juste les plus belles, ils en mettent à terre, donc la productivité des cueilleurs urbains qui s’en vont dans tes arbres, ça nuit beaucoup à la quantité de pommes que tu peux sortir d’un arbre », résume le pomiculteur.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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