Fréchette nous prend pour des cons

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Souverainiste ? Fédéraliste ? Surtout opportuniste, disait Charles Milliard de Christine Fréchette, dans le meilleur moment de la campagne libérale jusqu’ici.

En disant le lendemain que son opinion personnelle sur la question nationale n’avait pas d’importance, Mme Fréchette insultait notre intelligence et versait dans le loufoque.

Le rebond caquiste s’épuise. Mme Fréchette ne parvient pas à faire oublier qu’elle dirige la bonne vieille CAQ en place depuis huit ans.

Et qui croit sérieusement qu’elle exerce la moindre influence sur Mark Carney et les tarifs ?

Changement

Son rebond tenait essentiellement à deux facteurs.

D’abord, l’inquiétude profite toujours, plus ou moins longtemps, au pouvoir en place.

Ensuite, la campagne sans éclat de Charles Milliard conduit des gens qui, normalement, auraient voté pour le PLQ à garer leur auto dans le stationnement de la CAQ.

La volonté de changement reprend maintenant le dessus, bien que la remontée de la CAQ pourrait permettre de sauver les meubles.

Hormis de brandir l’épouvantail Trump et de reprendre le discours antiréférendaire traditionnel du PLQ, je ne vois guère quelle nouvelle « fréchetterie » pourrait sortir du chapeau.

Le dernier atout de la CAQ serait la poursuite de l’hémorragie du vote francophone du PLQ.

Pourquoi alors le PQ ne dépasse-t-il pas 30 % dans les intentions de vote ?

D’abord, parce que les mécontents de la CAQ ont aujourd’hui quatre options de rechange et non deux comme jadis.

Ensuite, parce que l’engagement référendaire du PQ fait hésiter des électeurs.

Parmi ceux-là, il y a deux catégories de gens.

Vous avez les souverainistes qui craignent de perdre ce référendum.

Vous avez des fédéralistes qui ne veulent pas de référendum parce qu’ils ne veulent pas de la souveraineté, tout simplement.

Les deux positions sont légitimes.

Voyez cependant le drôle de paradoxe : on reproche souvent aux politiciens de ne pas jouer franc-jeu, mais quand le PQ joue franc-jeu, c’est sa franchise qui indispose des électeurs.

Cela nous renvoie à la question la plus massive de toutes, qui est aussi la moins discutée.

Que des anglophones et des immigrants récemment arrivés soient contre la souveraineté est compréhensible.

Les premiers dominent et les seconds épousent les vents dominants.

Insidieux

C’est le refus de tant de Québécois francophones de devenir un peuple normal, donc un peuple qui se gouvernerait lui-même au lieu d’être gouverné par un autre, qui devrait nous interpeller.

Les raisons varient selon les individus : intérêt à maintenir un statu quo profitable pour certains, craintes économiques, vieillissement qui rend moins audacieux, confort anesthésiant, ignorance de l’histoire, culture du festif et du superficiel, quête inconsciente de l’approbation du maître, etc.

Mais le plus insidieux, c’est qu’en nous accusant nous-mêmes, nous innocentons du coup le régime politique qui verrouille notre avenir.

L’évolution démographique montre pourtant, de manière indiscutable, que les Québécois qui pensent que notre avenir collectif est assuré se trompent lourdement.

Un peu d’audace est notre plus sûr chemin pour l’avenir.

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