Fréchette ne ferme pas la porte aux péages

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Contrairement à certains d’entre vous – qui m’avez lancé des tomates à la suite de ma chronique de mardi –, la nouvelle première ministre Christine Fréchette ne « ferme pas la porte d’emblée » à ramener des péages sur nos routes.

Pas « à la grandeur du Québec, non ». Mais elle y voit une formule « qu’il faudra considérer », a-t-elle déclaré dans sa première conférence de presse, lundi.

Mme Fréchette admet que nos routes « sont dans un triste état à bien des endroits ». Elle estime qu’on devra, dans les prochaines années, « miser davantage » sur l’entretien et le « maintien des actifs » que l’allongement et l’élargissement des routes.

Je mets au défi les partis de promettre « zéro ajout » à notre système routier, déjà aux prises avec un déficit d’entretien de 24,5 milliards $ (ce qui exclut les routes municipales en passant).

Courriels

Comme je m’y attendais, l’idée d’un retour des péages (que j’ai défendue mardi) est très impopulaire actuellement.

Taxe d’accise, TVQ, droits d’immatriculations, etc., l’État s’en mettrait « plein les poches grâce aux utilisateurs de la route. Avec un budget de misère en entretien au MTQ, [...] avons-nous besoin de péages en plus ? Non ! » m’écrit l’ancien ministre libéral, David Whissell, lui-même constructeur de routes. Il craint aussi, comme plusieurs, la création d’une bureaucratie des péages.

Un autre lecteur, Guy, me confie qu’il « fulminait » en me lisant : « Les gens étouffent de précarité financière ! Des taxes, de l’inflation, de la misère. Et vous osez parler de péage ? »

Yohan, pour sa part, souligne que : « Nous payons 53 % d’impôts, 15 % de taxes, des taxes municipales, taxe sur l’essence, droits divers ! Un moment donné, le gouvernement doit en faire plus avec ce qu’il a ! »à

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Utilisateur-payeur

Plusieurs lecteurs se prononcent en faveur du principe de l’« utilisateur-payeur », donc des péages, pour autant qu’il soit « appliqué aussi au transport en commun ».

Gilles, de Belœil : « Ceci devrait aussi s’appliquer à d’autres sphères de notre société [...] Les sociétés de transport partout au Québec sont déficitaires ».

Pas le vrai coût

Un autre lecteur, Étienne, favorable aux péages, me rappelle une étude récente, qui concluait que « contrairement à la croyance populaire, un tiers seulement [des] coûts [liés aux routes] serait couvert par les frais aux utilisateurs par l’entremise des taxes sur les carburants, des frais liés à l’immatriculation des véhicules et des droits associés au permis de conduire ». Cette conclusion revient d’ailleurs dans plusieurs enquêtes prônant l’instauration d’une tarification kilométrique.

On se plaint constamment de l’État de notre énorme réseau routier    ; mais c’est peut-être parce que les utilisateurs n’en paient pas les vrais coûts ?

Mardi, j’évoquais l’histoire du péage au Québec. En 1982, le ministre péquiste Michel Clair soulignait que les gouvernements n’avaient jamais osé augmenter les péages sur les autoroutes depuis... 1958. En somme, les augmentations des coûts de nos autoroutes (l’inflation)... ont été absorbées pendant toutes ces premières années par l’ensemble des contribuables.

Et les nouvelles structures de financement, comme le Fonds des réseaux de transport terrestre, ne couvrent pas les coûts non plus (sans omettre la multiplication des véhicules électriques). C’est pourquoi il faudra sans doute « considérer » les péages, selon l’expression de Mme Fréchette.

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