Fréchette en leader du camp du Non?

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La première vraie surprise de la campagne électorale a été de découvrir qu’une organisation se met en branle, dans l’ombre, en ramassant des fonds pour contrer le projet souverainiste du PQ. Et qu’elle flirte avec Christine Fréchette.

La cheffe caquiste faisait flèche de tout bois en début de semaine, se montrant convaincante quant à la réelle menace des tarifs de Trump sur notre économie.

Puis, elle a perdu de son assurance, pour une première fois de la campagne, mercredi.

Au petit matin, notre Bureau parlementaire révélait qu’un groupe amassait des fonds pour mousser l’unité canadienne au Québec.

Qu’il enclenchait une machine s’érigeant en rempart contre la menace séparatiste.

Le reportage de Nicolas Lachance mettait en lumière des contrats accordés par l’Équipe Fréchette à cette organisation dont le nom officiel, Mission Leadership Québec, ne fait aucunement référence à sa nouvelle vocation de porte-étendard de la feuille d’érable.

On voudrait nous faire croire que tout ça est anodin.

Alors, pourquoi la CAQ encourage-t-elle financièrement ce groupe, en lui octroyant des mandats pour l’organisation de rencontres citoyennes ?

Fréchette a soutenu, plus crispée qu’à l’habitude, que son équipe avait accordé seulement deux contrats (dont on ne connaît pas la valeur) et qu’il n’y avait rien d’autre à en dire.

Son équipe de communication avait pourtant admis qu’elle faisait « régulièrement affaire » avec le groupe, censé être neutre politiquement.

Dans ses administrateurs se trouvent des proches de Mélanie Joly, de Jean Charest, et un ancien président de la Commission-Jeunesse du PLQ.

Le choix de Carney

Leur lien d’affaire avec Christine Fréchette nourrit la théorie selon laquelle Mark Carney a choisi la cheffe caquiste, et non Charles Milliard, pour faire face au PQ.

Le Parti Québécois demande au DGEQ d’enquêter à la suite de nos révélations, notamment concernant des dépenses payées pour permettre à des membres de mousser l’unité canadienne en région.

Est-ce que Bernard Drainvile était en mission commandée par Fréchette lorsqu’il a lancé un «fuck you» à Donald Trump au FM93 ce même jour ?

Paul St-Pierre Plamondon pense que oui.

On peut croire qu’il n’y a pas de hasard.

Que le ministre permettait d’occuper autrement l’espace médiatique.

Chose certaine, au sein du Parti libéral du Québec, des organisateurs et des candidats ont compris que Mark Carney mise sur Fréchette.

Le banquier connaît les chiffres.

Le PLQ doublé

En septembre 2022, Dominique Anglade s’effondrait et se retrouvait à 9 % dans l’électorat francophone.

Avec un tel score, le PLQ a fait élire son plus petit nombre de députés depuis 1956.

Or, avec Charles Milliard et une campagne qui ne va nulle part, il n’obtient que 10 % chez les francos.

Les forces fédéralistes ne peuvent l’imaginer comme leader du Non.

Christine Fréchette devient alors l’alternative.

Toutefois, la caquiste a beau faire de l’œil aux libéraux déçus, elle doit craindre comme la peste d’être mêlée, même de loin, à une organisation au financement occulte.

Il s’agit peut-être de la rampe de lancement d’un nouveau « Option Canada ».

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