Un père de famille a été condamné à une peine de quatre ans de pénitencier pour des sévices sur son nouveau-né, les gestes posés ayant infligé des lésions sérieuses au cerveau de l’enfant, en plus de multiples fractures. « Cet enfant a souffert le martyre », a rappelé à regret le tribunal.
« Nous ne sommes pas en présence d’un père inexpérimenté et dépassé par les événements, qui a eu une période de perte de contrôle [momentanée]. Nous sommes en présence d’un accusé qui appliquait la force contre son enfant, tout en étant indifférent », a déploré le juge René de la Sablonnière dans sa décision sur la peine au palais de justice de Québec vendredi.
Le magistrat a imposé une peine de quatre ans de pénitencier pour ce père, un militaire de carrière, qui a maltraité son nourrisson dans ses dix premières semaines de vie.
L’homme de 38 ans, qui répétait à la mère « qu’un bébé, c’est fait fort », avait été reconnu coupable de voies de fait graves et de voies de fait causant des lésions en septembre 2025 au terme d’un procès de huit jours.
Blessures multiples
Trois événements causant des blessures, survenus sur quelques semaines, ont été retenus par le tribunal.
Lors du procès, la défense avait présenté des scénarios « accidentels » qui auraient pu causer les blessures, entre autres une chute du sofa.
Ces explications avaient été balayées par les experts appelés en poursuite, qui insistaient sur l’aspect traumatique des lésions.
L’enfant souffrait de lacérations cérébrales attribuables au syndrome du bébé secoué.
Un total de 11 fractures aux côtes, pouvant être liées à plus d’un événement violent en raison de leur niveau de guérison variable, a aussi été diagnostiqué.
Ces fractures sont observées « quand un enfant est empoigné fortement par le thorax pour le comprimer et, ou, le secouer » a conclu le juge, dénonçant vivement les comportements de celui qui aurait dû protéger l’enfant en toutes circonstances.
« Le Tribunal doit envoyer un message fort de dénonciation et de dissuasion. Les enfants ont droit à la protection de leurs parents ou de ceux qui en ont la garde. Une brutalité de cette envergure ne peut être tolérée », a insisté le magistrat, rappelant qu’il demeure difficile d’évaluer les conséquences sur le développement de l’enfant.
Vulnérabilité accrue
La peine de quatre ans pour l’homme, qui était sans antécédent judiciaire, rejoint la suggestion faite par le procureur de la Couronne.
Ce dernier avait insisté sur le préjudice vécu par l’enfant, sans défense. « Il n’y a rien de plus vulnérable sur la Terre [qu’un bébé d’un mois] », avait souligné Me Louis-Philippe Desjardins.
En défense, Me Macha Ouellet-Bernatchez avait suggéré l’imposition d’une peine de moins de deux ans dans la collectivité, assortie d’une probation.
Son client a également porté le verdict de culpabilité en appel.
Dans sa décision, le juge a indiqué avoir aussi considéré les impacts du crime sur la mère de la petite victime.
« Le comportement de l’accusé a provoqué l’éclatement du couple et de la famille, imposant ainsi à la mère de lourdes responsabilités qui ont bouleversé sa vie », indique le juge.
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